Le Japon pendant la première guerre mondiale

Harald Pöcher

 

L’intervention du Japon dans la première guerre mondiale eut pour conséquence une réorganisation de la région du Pacifique ouest et de l’Asie orientale et contribua ainsi au renversement de la politique coloniale européenne dans le Pacifique. Pour mieux comprendre les explications qui vont suivre, il est important d’analyser les intérêts diplomatiques du Japon mais aussi sa politique intérieure avant la première guerre mondiale.

 

L’histoire du Japon à la veille de la première guerre mondiale

Après avoir été coupé du reste du monde pendant plus de 250 ans, le commandeur US Matthew C. Perry força l’ouverture du Japon en 1853 grâce à ses bateaux à vapeur modernes.1). Le premier contrat entre le Japon et les États-Unis sur le commerce et l’amitié (1854) fut bientôt suivi par les grandes puissances européennes et des contrats inégaux semblables cédant les droits territoriaux et régaliens aux puissances étrangères. Après de violents combats, les troupes impériales remportèrent la lutte pour le pouvoir ; depuis, l’année 1868 figure le début de la restauration du pouvoir impérial. Contrairement aux empereurs de l’ancien Japon, vénérés comme des « demi-dieux », les empereurs post-restauration étaient des demi-dieux lésés par les politiciens. Les conseillers de l’empereur Mutsuhito (comme il est de coutume au Japon, Mutsuhito fut renommé Meiji-Tenno après sa mort) entreprirent beaucoup pour moderniser un Japon resté en rade dans de nombreux domaines de la vie. Les Japonais se lancèrent dans des voyages d’étude, par exemple la mission Iwakura qui visita l’Amérique du nord et l’Europe entre 1870 et 1873, entre autres aussi l’Autriche-Hongrie à l’occasion de l’exposition universelle de 1873, l’empire austro-hongrois ayant établi les premiers rapports diplomatiques avec le Japon en 1869.2)

Cette course à la modernisation porta en grande partie sur les forces armées qui, comparées aux grandes puissances du milieu du 19e siècle, étaient devenues parfaitement obsolètes. Les politiciens influents de l’époque s'accordaient à dire que les forces armées avaient un rôle majeur à jouer et inventèrent le dicton très à propos « fukoku kyohei » (Nation riche - armée forte). Juste après l’ouverture du pays, les délégations militaires étrangères se rendirent en grand nombre au Japon et tentèrent de le convaincre de leur système militaire, pour entre autres promouvoir aussi leur industrie de l’armement. Les Britanniques y parvinrent de la manière la plus durable lors de la constitution d’une infanterie de marine moderne, sachant que dans l’état-major de l'armée de terre, le ton était donné par les Français.3) Après la défaite de la France contre la Prusse en 1870/71, de plus en plus d’officiers japonais furent envoyés dans les écoles militaires allemandes et autres institutions militaires pour y étudier les succès de l'armée allemande. C’est ainsi que débuta l’influence de l’armée allemande sur l’organisation de l’armée impériale japonaise. Les forces armées austro-hongroises par contre, ne jouèrent qu’un rôle négligeable dans l’organisation d’une armée moderne au Japon. L’Autriche-Hongrie peut néanmoins s'enorgueillir d'avoir introduit le ski alpin dans les forces armées japonaises avec le major de l’état-major Theodor Edler von Lerch (1869-1945) qui effectua un séjour d’étude au Japon en 1911.4)

Klemens Wilhelm Jakob Meckel (1842-1906),5) major allemand de l’état-major qui arriva au Japon en 1885 et y enseigna jusqu’en 1888 à l’académie de l’état-major, est sans doute celui qui aura le plus contribué à la formation et prodigué le plus de conseils. Sur ces conseils, un inspecteur général personnel et les instruments à maillet furent introduits. Les principes de la tactique, gouvernance en période de paix et intervention et logistique qu’a enseigné Meckel aux Japonais dans ses cours et ses écrits, influencèrent l’armée impériale japonaise jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

1885 peut également être considérée comme l’année au cours de laquelle débuta l’influence significative de la Gunbatsu (= fraction militaire) sur le contrôle de la politique intérieure et extérieure du gouvernement et sur les décisions afférentes. De 1885 à 1945, la moitié des premiers ministres étaient des militaires, soit 15 sur 30, comme près d’un quart de tous les membres du cabinet. Les ministres de la guerre et de la marine étaient, à quelques exceptions près, des généraux et amiraux en activité placés sous la seule autorité de l'empereur. À la veille de la première guerre mondiale, le Japon était le plus souvent régi par des premiers ministres ultra conservateurs. L’un d’entre eux, Taro Katsura, un important protégé d’Aritomo Yamagata, lui-même cofondateur de l’armée japonaise moderne, dicta la politique intérieure et extérieure de 1898 à 1911. Kinochi Saionji influença la politique intérieure aux côtés de Katsura. Influencé par ses études en France, Saionji passa des conservateurs aux libéraux, ce qui lui offrit un autre accès à l’appareil militaire. Durant son mandat, il tenta en vain de réduire le budget militaire. En effet, le ministre des armées démissionna et l’armée se refusa à envoyer un nouveau représentant au gouvernement.

L’ascension militaire du Japon et la naissance de l’impérialisme japonais dans la seconde moitié du 19e siècle concordent avec l’annexion en douceur du royaume insulaire de Ryūkyū en 1871 et avec l’expédition punitive pour Taïwan en 1874. À peine 20 ans après, le Japon était déjà si puissant qu’il vainquit de façon déterminante l’empire chinois lors de la première guerre sino-japonaise (1894/95). La Chine dut alors céder Port Arthur au Japon. Mais la Russie souhaitant s’approprier ces terres, elle intervint avec l’appui de la France et de l'Allemagne pour empêcher cette cession. Le Japon fut alors contraint par un accord complémentaire de renoncer à ce butin de guerre. Plus tard, à l’aube du nouveau siècle, des plans d’expansion furent élaborés par des érudits et des idéologues. Ces plans prévoyaient que, dans une période de 100 ans, le Japon annexe tout d’abord la Corée en déclarant la guerre à la Chine. Ensuite, une guerre avec la Russie devait permettre de conquérir la Mandchourie et certaines parties de la Chine du nord. Des projets plus lointains prévoyaient l’occupation de l’Asie du sud-est, de l’Inde néerlandaise et enfin la conquête de l’archipel de la mer du sud jusqu'à Hawaii et la conquête de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Le Japon procéda à une application scrupuleuse de ces plans. Pendant la révolte des Boxers de 1900, le Japon représentait le plus grand contingent militaire et contribua ainsi largement à faire échouer ce soulèvement. Durant la guerre russo-japonaise (1904/05), le Japon réunit toutes ses forces pour vaincre la Russie tsarienne. Les victoires militaires permirent d’étendre le territoire aux terres asiatiques, celui-ci étant renforcé par l’annexion de la Corée en 1910. Avec l’annexion de la Corée, le Japon réalisait un rêve entretenu depuis le troisième siècle après Jésus Christ, époque à laquelle le Japon envoya une première expédition militaire en Corée qui échoua tout comme en 663 après J.C. ou pendant les tentatives d’invasion de la fin du 16e siècle. Après l’annexion de la Corée, le Japon devint avide de plus, la façon la plus simple de calmer cet appétit étant, d’après certains cercles influents de Tokyo, de conquérir les colonies allemandes d’Asie orientale et du Pacifique ouest. Cette soif de conquête du Japon s’exprima à la même époque que les événements fatals de l’été 1914 en Europe. Ainsi, dix ans après la victoire contre la Russie, le Japon s’engageait dans la première guerre mondiale. Avant de nous lancer dans l’analyse des événements dans lesquels les Japonais furent impliqués pendant la première guerre mondiale, il est nécessaire d’expliquer la position de l’Empire allemand en Extrême-Orient et dans le Pacifique ouest à cette époque.

 

L’empire colonial allemand en Asie orientale et dans le Pacifique

Alors que dès la fin du 15e siècle, d’autres puissances européennes commencèrent à conquérir des colonies outremer, l’empire germanique ne rejoignit les puissances coloniales européennes qu’à partir de 1884. Dans le Pacifique, l’empire allemand annexa l’île de Nauru dans le Pacifique centre et en 1897/98, la ville chinoise de Kiautschou devenait une concession allemande avec la cité portuaire de Tsingtau. En 1913, la population était constituée de 53 312 Chinois, 2 069 Européens et Américains, 2 400 soldats de la garnison, 205 Japonais et 25 autres Asiatiques.6) Dans un périmètre de 50 km autour de la baie de Kiautschou, une zone neutre fut érigée dans laquelle la souveraineté de la Chine était limitée par l’Allemagne. Il existait également des concessions minières et ferroviaires dans la province de Shantung. Le traité hispano-allemand de 1899 reconnaissait également l’influence de l’Allemagne sur l’archipel micronésien des Carolines, des Mariannes et de Palau du Pacifique centre. Par contre, les Allemands ne parvinrent pas à s’imposer auprès des Philippines et les relations diplomatiques avec les USA en pâtirent. En 1899, le traité de Samoa permit de déclarer la partie ouest des îles Samoa du Pacifique Sud, protectorat allemand. Alors que les régions pacifiques ne disposaient d’aucune garnison militaire, le port de Tsingtau fut transformé en base militaire.

L’escadre allemande d’Asie orientale était stationnée à Tsingtau. Il s’agissait d’une union navale de la marine allemande censée défendre les intérêts nationaux dans la région d’Asie orientale et du Pacifique Sud. Au moment de la déclaration de guerre du 2 août 1914, les bateaux allemands suivants appartenaient à la station d’Asie orientale :7) une escadre composée des croiseurs cuirassés « Scharnhorst » et « Gneisenau », des petits croiseurs « Emden », « Nürnberg » et « Leipzig », du croiseur auxiliaire « Cormoran » et du bateau à vapeur « Titania ». Étaient subordonnés à l’escadre les canonnières « Iltis », « Jaguar », « Tiger », « Luchs » et « Cormoran », les canonnières de rivière « Tsingtau », « Otter » et « Vaterland » et le torpilleur « S90 ». La base militaire navale était également le « quartier maritime du bateau stationnaire austro-hongrois en Extrême-Orient ». À l’été 1914, l’ancien croiseur protégé « S.M.S. Kaiserin Elisabeth » était basé à Tsingtau.8)

 

Les forces armées japonaises à la veille de la première guerre mondiale

Pendant la phase de modernisation, les responsables, et en premier lieu le ministre de la guerre Yamagata Aritomo (1838-1922), comprirent que le seul moyen pour l’armée japonaise de disposer de suffisamment de soldats était d’instaurer le service militaire obligatoire. Par conséquent, le Japon instaura le service militaire obligatoire en 1873 après deux années d’expérimentation et en 1878, un état-major autonome fut constitué pour conseiller l’empereur. Au-delà de la réorganisation militaire, l’industrie de l’armement fut également développée. L’armée de terre et la marine de guerre furent alors organisées et armées sur le modèle européen. À cette époque, il n’existait pas encore d’armée de l’air autonome, mais l’armée de terre et la marine testèrent les nouveaux avions dès le début du 20e siècle.

L’armement des forces armées japonaises déclencha également un énorme scandale à la corruption. Le scandale Siemens/Vickers notamment fut particulièrement grave. Les pots-de-vin versés aux individus de la marine en charge d’attribuer les contrats d'armement permirent à Siemens d’acquérir un monopole sur les contrats d’armement. La société britannique Vickers proposa un marché lucratif moyennant le paiement de pots-de-vin plus importants. Ce scandale fut révélé lorsque du matériel compromettant fut divulgué à l’agence de presse Reuters.

 

Organisation et armement de l'armée de terre et de la marine de guerre

L’armée de terre japonaise9)10) de 1914 à 1918 était composée de divisions. Une division était quant à elle constituée d’un commando de division, de deux brigades avec chacune deux régiments d’infanterie, d’un régiment de cavalerie, d’un à deux régiments d'artillerie, d’un bataillon de pionniers, d’un bataillon d’approvisionnement et d’éléments sanitaires. Chacune de ces divisions était organisée de telle sorte que même sans renfort, elles pouvaient être autonomes.

Les troupes de l’armée japonaise étaient dotées d’armes et d'équipements modernes. L’infanterie était armée d’un fusil automatique Arisaka type 38 et d’une mitrailleuse type 3. L’épine dorsale de l’artillerie11) était constituée par l'artillerie de la société Krupp produite sous licence au Japon, notamment le canon de campagne 7,5 cm type 38. En outre, il existait un canon de montagne 7 cm et un canon de 10 cm ou 15 cm de l’artillerie de campagne. Le principal canon de l'artillerie de siège était l’obusier 24 cm type 45. En 1910, l’armée fit l’acquisition d’un biplan Farman. Le premier vol à moteur fut effectué en 1910 par le capitaine Tokugawa Yoshitoshi. Néanmoins, l’armée japonaise ne s’intéressa vraiment à l’aviation militaire que peu avant et pendant la première guerre mondiale. Les principaux types d’avions de l’armée étaient des avions de marque Farman et Nieuport.

En 1914, la marine de guerre était scindée en trois flottes. La première flotte était constituée de cuirassés et de croiseurs modernes. Le commandant de la 1re flotte était le vice-amiral Kato Tomosaburo. La 2e flotte était constituée de navires d'assaut et de croiseurs russes plus anciens. Le commandant de la 2e flotte était le vice-amiral Kato Sadakichi. La 3e flotte était stationnée au sud de la mer de Chine et était constituée de croiseurs. Les principaux ports de guerre des flottes étaient Yokosuka, Kure, Sasebo, Ominato et Maizuru.

À l’instar des forces armées, l’aéronautique navale japonaise était encore très jeune, mais les amiraux japonais reconnurent vite les avantages de l’avion et en 1913, le bateau de fret Wakamiya fut transformé en transport d’hydravions (7 720 tonneaux de jauge brute ; 111,1 m de long, 14,7 m de large et 5,8 m de calaison ; vitesse de dix nœuds ; équipage de 234 hommes ; quatre hydravions ; deux canons de bord de 47 mm) et quelques avions furent achetés. Certains départs furent déjà donnés depuis ce navire lors des manœuvres de l’automne 1913. Début 1914, la marine possédait dix hydravions (trois Curtiss, cinq Farman et deux Duperdussin) et deux Rumpler-Taube d’Allemagne. Le 5 septembre 1914, la première attaque aérienne avec des avions de la marine fut orchestrée depuis le Wakamiya contre des cibles allemandes près de Tsingtau.

Les différentes orientations stratégiques et l’amélioration des techniques des forces armées partielles ne suffirent pas à décourager l’industrie de l’armement japonaise à la veille de la première guerre mondiale. Ce n’est qu’à la période d’entre-deux-guerres que les divergences d'opinions entre les deux forces armées, terre et marine, conduisirent la production de matériel d’armement à suivre deux voies et à une exploitation non rentable des ressources pourtant déjà limitées de l’empire japonais.

 

Évolution de la situation en Extrême-Orient en 1914 et jusqu’au déclenchement de la guerre en Extrême-Orient

Au début du 20e siècle, le Japon connaissait une période prospère et était en 1910, une grande puissance régionale qui se disputait les marchés et les cercles politiques influents avec les USA et les grandes puissances européennes en Asie. Après la mort de Meiji-Tenno en 1912, son fils Yoshihito (1879-1926) monta sur le trône. Son règne court (1912-1926) est aujourd’hui appelé l’ère Taisho. En 1914, le Japon enregistra de loin les plus importantes dépenses militaires en Asie (160 Mio de Yen = 540 Mio de couronnes), celles-ci dépassant parfois même celles de certaines grandes puissances européennes.12) Par ailleurs, le Japon avait passé des contrats qui lui garantissaient la bienveillance militaire des grandes puissances de l’époque. Le principal contrat fut l’alliance anglo-japonaise de 1902 qui fut prorogée en 1905 et en 1911. En outre, un contrat avait été signé en 1907 avec la France pour le maintien des acquis réciproques en Extrême-Orient et l’intégrité de la Chine, tout comme un accord avec les USA en 1908 sur la reconnaissance mutuelle de leurs droits de propriété dans le Pacifique et la troisième entente russo-japonaise sur les sphères d’influence dans la Mandchourie de 1913. Cette série de contrats bilatéraux fut tout du moins une première tentative de garantir les empires coloniaux de la France et les droits américains en Asie et dans le Pacifique.

Il aurait été facile pour le Japon de ne pas se lancer dans la guerre qui sévissait essentiellement en Europe, dans la région de l'Atlantique nord et au Proche-Orient. Lorsque le 7 août 1914, la Grande-Bretagne demanda au Japon de détruire les navires de guerre allemands basé dans les eaux territoriales de Chine, le gouvernement japonais décida le 8 août, de s’engager dans la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne. Auparavant déjà, le contrat avec les Britanniques avait permis à l’amirauté de Londres de renforcer sa flotte de guerre dans les eaux locales en rapatriant certaines unités d’Asie de l'est.

Le 15 août 1914, le Japon posait un ultimatum à l’empire allemand qui était alors sommé d’évacuer tous ses navires de guerre stationnés dans les eaux chinoises et japonaises et de céder Tsingtau au Japon. Quelques jours plus tard, le lieutenant général Kamio Mitsuomi, commandant de la 18e division japonaise reçut l’ordre de préparer la prise de Tsingtau. Au terme de l’ultimatum, le 23 août, le Japon déclara la guerre à l’empire allemand et dès le 27 août, commença le blocus maritime de Tsingtau.

 

Les troupes des moyennes puissances d’Extrême-Orient et les préparatifs de leur défense

Lorsque la première guerre mondiale éclata, les troupes des colonies allemandes n’étaient pas préparées à une guerre contre les puissances européennes.13) Les Allemands réagirent aux menaces du Japon par la mobilisation de Tsingtau et la concentration des toutes les troupes auxiliaires asiatiques dans la ville, y compris le détachement de marine de Tientsin et de Pékin. La garnison allemande commandée par le gouverneur militaire de Tsingtau, le capitaine de vaisseau Alfred Meyer-Waldeck, était alors constituée de 1 400 soldats du 3e bataillon de marine (quatre compagnies d’infanterie de marine, une batterie d’artillerie de campagne, une compagnie de pionniers et une compagnie de cavalerie) ainsi que de 3 400 membres de la marine (dont quatre compagnies d’artillerie de matelots), de soldats et de volontaires. À eux tous, les défenseurs réunirent quelque 5 000 soldats parmi lesquels des forces chinoises et austro-hongroises (305 membres de l’équipage du croiseur « S.M.S. Kaiserin Elisabeth »).

Les préparatifs de la défense prévoyaient : la pose de mines sur les potentielles pistes d’atterrissage, la surveillance de l’entrée de la baie de Kiautschou et donc du port de Tsingtau, l’occupation de l’artillerie navale et du front terrestre, la mobilisation du 3e bataillon de marine et du détachement de marine d’Asie orientale ainsi que la fuite de tous les navires de guerre croiseurs. Les canons d’artillerie du front de mer étaient déployés comme suit : Fort Hui-tschien-Huk dans la baie d’Iltis avec 3 canons à recharge rapide de 15 cm montés sur support rotatif de tourelle de char et 2 canons Krupp à tube long de 24 cm, Fort Yu-ni-san sur la presqu’île du même nom au port avec 4 canons à tir rapide de 8,8 cm, batterie Molenkopf avec 2 canons à tir rapide de 8,8 cm, batterie de Tsingtau au port avec 2 canons à recharge rapide de 15 cm et 2 canons Krupp à tube long de 15 cm, Batterie de Bismarckberg avec 4 obusiers de côte de 28 cm dans des tourelles de mitrailleuses à portée efficace de 360° et coulés dans la roche ainsi que la batterie d’Hsianuniwa avec 4 canons de 21 cm. Sur le front terrestre, les canons étaient répartis comme suit : batterie d’iltisberg avec deux canons à recharge rapide de 10,5 cm fixes dans la batterie supérieure et six canons de forteresse de 12 cm dans la batterie inférieure, Bismarckberg avec 2 canons de 21 cm, Taitungtschen avec 2 canons de 12 cm. En outre, trois autres batteries de vieux canons de terre de 9 cm à six artilleries et cinq batteries de canons automatiques de 3,7 cm avec deux et quatre tubes. De même, il existait cinq ouvrages d’infanterie, numérotés du sud au nord. Les 1er, 4e et 5e ouvrages d’infanterie étaient composés d’une compagnie de bataillon naval, les 2e et 3e ouvrages d’infanterie, d’une demi-compagnie chacun. Aucun équipement militaire n’était en place dans les îles du Pacifique ; elles n’étaient contrôlées que par de petites unités de police. Deux avions de type Rumpler Etrich-Taube qui devaient être pilotés par le premier lieutenant de vaisseau Plüschow et le lieutenant Müllerskowsky étaient basés à Tsingtau. Le jour de la mobilisation, les deux machines étaient aptes à voler et à aller au front. Au décollage, l’une des deux machines se disloqua et le Müllerskowsky fut gravement blessé.

Le vendredi 7 août 1914, « Scharnhorst », « Gneisenau », « Nürnberg » et « Titania » partirent pour la dernière fois de Tsingtau. Dans un premier temps, l’escadre devait mener une guerre commerciale après la prise. Le 12 août 1914, le petit croiseur « Emden » rejoignait l’escadre. Dès le 14 août, le chef d’escadre congédia l’Emden en raison une fois de plus d’une conduite de guerre autonome dans l’océan Indien. Au début de la guerre, le petit croiseur « Leipzig » appartenant lui aussi à l’escadre se trouvait devant la côte ouest du Mexique. Le croiseur « Leipzig », de pair avec le petit croiseur « Dresden » ne rejoignit l’escadre qu’en octobre. L’escadre traversa le Pacifique et à cette occasion, fit escale une dernière fois dans les différentes stations allemandes de la mer du sud. À Tsingtau, ne restait plus que les canonnières « Iltis », « Tiger » et « Luchs », le torpilleur « S90 » et la canonnière « Jaguar » ainsi que le croiseur « S.M.S. Kaiserin Elisabeth ». L’escadre allemande faisant route dans le Pacifique était un facteur d’insécurité dont la destruction était considérée comme une priorité par les puissances de l’Entente.

 

De par son observation des événements en cours en Europe et surtout grâce à sa propre expérience tirée de la guerre contre la Russie, l’état-major japonais avait une idée claire de la conduite moderne des opérations de guerre (« Les préparatifs de l’intervention japonaise »14)). Finalement, le choix fut porté sur une opération devant coûter le moins de vies possibles côté japonais. Du point de vue des Japonais, ceci ne pouvait être garanti que si les troupes d’intervention disposaient de la plus grande partie de l’artillerie lourde disponible au Japon. À Tokyo, l’état-major était par ailleurs conscient du fait que l’opération menée contre les concessions allemandes en Extrême-Orient et qui était appuyée par un nombre modeste de défenseurs, ne nécessitait aucune mobilisation et qu’une répartition sur mesure des troupes et l’utilisation de toutes les ressources des garnisons de paix suffiraient. De plus, les Britanniques se déclarèrent prêts à combattre les concessions allemandes. Les Japonais considérèrent cela toutefois plus comme une forme de surveillance que comme un véritable renfort.

En raison de sa proximité géographique avec le théâtre des opérations sur les terres asiatiques, la 18e division qui était stationnée à Kyushu dans et autour de la ville de Kurume fut choisie pour prendre le commandement des opérations et constituer le noyau des troupes d’intervention. L’état-major de Tokyo prévoyait également d’offrir à la 18e division l’appui de la plus grande partie de l’artillerie de siège disponible, d’unités pionnières supplémentaires, d’unités de transport ferroviaire et d’unités logistiques. Les troupes japonaises étaient alors réparties comme suit : commando de division ; 23e, 24e et 29e brigade d’infanterie avec chacune deux régiments d’infanterie, le 22e régiment de cavalerie, un bataillon de communication à distance, deux autres unités de communication à distance (radiotélégraphie), une unité aérienne de trois avions, trois bataillons pionniers, une unité de construction de ponts, un régiment de transport ferroviaire ainsi qu’un autre bataillon de transport ferroviaire autonome, le 24e régiment d’artillerie de campagne, une batterie d’artillerie de montagne, les 2e et 3e régiments d’artillerie lourde de siège y compris l’approvisionnement, quatre autres lourds départements de siège autonomes, le 18e bataillon de logistique, un régiment de logistique, un bataillon sanitaire et deux hôpitaux de terrain. Par ailleurs, les Britanniques apportèrent leur soutien terrestre aux forces japonaises en subordonnant une brigade composée des South Wales Borderers et Sikhs (env. 1 500 hommes) sous le commandement du général de brigade N. W. Barnardiston. Les forces d’intervention immédiate comptaient ainsi un total de 29 000 soldats. De plus, 23 000 personnes supplémentaires apportèrent leur soutien aux forces d’intervention sur le théâtre des opérations.15)

Contrairement à l’armée de terre, les préparatifs de la marine impériale japonaise n’exigèrent pas une grande organisation puisque la marine de guerre jouait déjà le rôle de division de paix/de guerre avant même que la guerre n’éclate. La 1re flotte sous le commandement du vice-amiral Katō Tomosaburō (1861-1923) était composée de la 1re, 3e et 5e flottille de combat ainsi que de la 1re flottille de destroyers. La 1re flottille était composée des navires de combat modernes « Settsu », « Kawachi », « Aki » et « Satsuma », la 3e flottille, des croiseurs de combat modernes « Kongo » et « Hiei » et des croiseurs « Kurama » et « Tsukuba » et la 5e flottille, des croiseurs « Yahagi », « Hirado » et « Niitake ». La 1re flottille de destroyers torpilleurs était composée du croiseur « Otowa » comme navire amiral et de la 1re, 2e, 16e et 17e flottille de destroyers. La 2e flotte sous le commandement de Katō Sadakichi (1861-1927) était composée de la 2e, 4e et 6e flottille de combat ainsi que de la 2e flottille de destroyers torpilleurs. La 2e flottille était composée des anciens navires de ligne d’attaque datant de la guerre russo-japonaise - « Suwo » (ancien « Pobieda »), « Iwami » (ancien « Orel »), « Tango » (ancien « Poltawa »), « Okinoshima » (ancien « General Admiral Apraskin ») et « Mishima » (ancien « Admiral Senyiavin »). La 4e flottille était composée des croiseurs « Iwate », « Yakumo », « Tokiwa », la 6e flotte, des croiseurs « Chitose », « Akitsushima », « Chiyoda ». La 2e flottille de destroyers torpilleurs était composée du croiseur « Tone » comme navire amiral et de la 9e, 12e et 13e flottille de destroyers torpilleurs, une flottille de démineurs comptant treize bateaux démineurs et une flottille de navires de soutien composée du navire de soutien « Kumano Maru » et des croiseurs plus anciens « Matsue » et « Takachiho ». En outre, la 2e flotte était subordonnée au département d’aviation composé de quatre avions et basé sur le transport d’hydravions « Wakamiya ». La 3e flotte sous le commandement du contre-amiral Tsuchiya Mitsukane (1864-1925) était composée des croiseurs d’artillerie « Tsushima », « Yodo », « Mogami » ainsi que des canonnières de rivière « Saga », « Fushimi », « Toba », « Sumida » et « Uji ». Les forces navales impliquées dans le combat regroupaient finalement près de 20 000 matelots. Au total, plus de 70 000 soldats japonais prirent part aux opérations.

Les forces armées japonaises avaient déjà acquis une certaine expérience du transport des troupes par mer lors des guerres contre la Chine et la Russie. Le transport des troupes du Japon vers le continent asiatique et leur sécurité ne constituèrent donc pas un grand défi puisqu’aucun adversaire n’aurait été capable de troubler durablement ces transports. Les opérations contre les concessions allemandes dans le Pacifique furent confiées à la 1re flotte, la 2e flotte devant pour sa part assurer la protection des troupes d’assaut contre Tsingtau en l’appuyant depuis la mer avec son artillerie.

 

L’assaut japonais

Le 27 août 1914, les navires japonais16) entreprirent le blocus du protectorat allemand de Kiautschou. Le navire de soutien britannique « HMS Triumph », le destroyer « HMS Usk » et un navire hôpital se rallièrent aux navires japonais (trois anciens et vieux navires de ligne russes, deux anciens défenseurs côtiers russes, sept croiseurs, 16 destroyers et 14 navires de soutien). Pour les défenseurs, il ne faisait donc plus aucun doute que les troupes japonaises débarqueraient bientôt au nord de la concession.

Les Japonais firent débarquer le gros de leurs troupes embarquées sur 26 navires de transport le 2 septembre 1914 à Lungkou, dans la baie de Laitschou. Ils lancèrent l’offensive le 5 septembre et freinés par de fortes intempéries, n’arrivèrent aux frontières du protectorat que le 23 septembre. Au-delà du débarquement principal, un débarquement secondaire des forces de brigade (29e brigade d’infanterie) eut lieu le 18 septembre dans la baie de Lauschan, soit à l’est du protectorat. Les Japonais marchèrent de Lauschan au port de Tsingtau où ils purent s’emparer des accès et des cols du Lauschan le 19 septembre au prix de combats très meurtriers.

Ensuite, les Japonais parvinrent le 25 septembre à regrouper les deux groupes débarqués. Les forces alliées furent néanmoins immobilisées par des forces allemandes le 26 septembre 1914 ; ce n’est qu’après leur repli que les Japonais purent s’emparer des principales hauteurs avec le mont Waldersee et le mont Prinz Heinrich ainsi que de quelques petits villages. Quand les forces de ralentissement se replièrent définitivement le 28 septembre sur la ligne de position dûment préparée entre l’embouchure de Haipo (nord-ouest) et la baie de Fouschan (sud-est), les Japonais occupèrent les espaces entre les ouvrages d’infanterie de campagne.

Pendant ces combats, l’intervention du seul avion allemand s’avéra déterminante. Plüschow parvint ainsi à informer le gouverneur en continu sur les activités de l’ennemi, ce qui lui valut le surnom « œil de Tsingtau ». Le 2 octobre, les Allemands contre-attaquèrent à nouveau et réussirent une profonde percée dans le flanc gauche. Mais après de violents échanges de tirs de mitrailleuses, l’offensive dut être interrompue.

Le 26 octobre commença le bombardement de la zone urbaine de Tsingtau depuis la mer et les terres, ce qui laissait présager l’assaut de la forteresse. Finalement, le gouverneur fit sauter les quais et les docks. Le croiseur austro-hongrois « S.M.S. Kaiserin Elisabeth » fut débarrassé de tous ces canons qui furent déposés à terre et le navire fut dynamité le 2 novembre.17)

Après plusieurs tentatives, les Japonais tentèrent une nouvelle percée dans les positions allemandes le 7 novembre 1914. L’attaque frontale de l’infanterie japonaise sur l’ouvrage d’infanterie 3 médian débuta vers minuit. Il était retranché dans ses confinements à 1h du matin et à 2h l’ouvrage était pris. Les troupes japonaises encerclèrent ensuite les ouvrages d’infanterie 2 et 4. Depuis l’ouvrage d’infanterie 4, les Japonais s’introduisirent dans la brèche ainsi créée à 3h du matin pour marcher sur le mont Iltis et réussir une percée. Lorsque les batteries des ouvrages d’infanterie 2 et 4 eurent tiré toutes leurs munitions, les Japonais s’en emparèrent à 4h du matin pour poursuivre leur avancée sur le mont Bismarck. Enfin, l’ouvrage d’infanterie 1 fut pris d’assaut à 5h, l’ouvrage d’infanterie 5, à 6h. L’infanterie japonaise se lança ensuite à l’assaut de la ville depuis le mont Bismarck. À 6h20, le drapeau blanc fut hissé sur le mont Signal et la forteresse capitula. Le dernier tir des défenseurs tomba à 7h30 dans la zone de Taitungtschen.

Le même jour, les Japonais passèrent au peigne fin les alentours de la ville et des anciennes positions. Les prisonniers furent tous regroupés à la caserne Bismarck et déportés à Schatsykou à pied en raison des risques de sabotage, vers Schatsykou Des deux côtés, les pertes ne furent pas importantes. Les Japonais perdirent 676 hommes de l’armée de terre et 338 de la marine et enregistra quelques milliers de blessés. Les Britanniques déplorèrent trois morts dans l’armée de terre, trois dans la marine et 67 blessés. Les pertes allemandes s’élevèrent à 184 morts et 500 blessés, celle des austro-hongrois à onze morts et un nombre de blessés inconnu.

 

La prise de possession des colonies allemandes dans le Pacifique

Les colonies allemandes dans le Pacifique18) la Micronésie avec 1 459 îles et atolls pour une surface de terre d’env. 2 200 km² seulement. Le nombre d’habitants était d’à peu près 450 000, dont quelques rares Européens. Après la déclaration de guerre à l’empire allemand, la flotte unie japonaise fut préparée à l’appareillage et le 14 septembre, la « 1re escadre de mer du sud » de la première flotte de combat quitta le port de guerre japonais de Yokosuka sous le commandement du contre-amiral Yamaya Tamin. L’escadre possédait les croiseurs modernes « Kurama » et « Tsukuba » ainsi que le croiseur plus ancien « Asama », deux destroyers et trois bateaux de transport à vapeur. L’escadre atteignit les îles Marshall le 29 septembre, d’abord Eniwetok et ensuite la station allemande de Jaluit le 30 septembre. L’administration allemande n’opposa aucune résistance et fut faite prisonnière. Après que l’amiral eut désigné trois officiers comme nouveaux maîtres de la station, l’escadre repris sa route et atteignit le port de Truk le 12 octobre après plusieurs escales. Entretemps, la « 2e escadre de mer du sud » commandée par le contre-amiral Matsumura Tatsuo et composée du navire de combat moderne Satsuma et des croiseurs « Hirado » et « Yahasi » quitta le port de guerre de Sasebo pour faire cap sur l’île de Yap où les soldats de la marine japonaise s’emparèrent de la station télégraphique stratégique le 5 octobre.

Les colonies ainsi conquises en mer du sud furent très vite administrées avec rigueur par l’armée. L'atoll de Truk fut désigné comme le centre qui après la guerre, fut transformé en ce qui devint l’une des principales bases navales hors du Japon. En conquérant les îles de la mer du sud, la marine mettait en œuvre son objectif stratégique consistant en l’extension vers le sud. Cette doctrine axée sur le sud fut particulièrement défendue par la marine pour qui le contrôle des mers limitrophes et du Pacifique était beaucoup plus important que le contrôle de l’Asie continentale.

L’intervention des navires les plus performants et les plus modernes de la marine impériale japonaise contre les concessions allemandes du Pacifique ne montre que trop clairement l’importance de détruire l’escadre allemande d’Asie orientale pour la conduite de guerre navale japonaise. Le croiseur de combat moderne « Kongo » fut même provisoirement utilisé à cette fin.

La marine japonaise dans le Pacifique et dans l'océan Indien

Sur requête des Alliés, la marine japonaise était en charge de nombreuses tâches de sécurisation dans le Pacifique et l'Océan Indien19). Elle prit part au transport des troupes de l’Australie et Nouvelle-Zélande vers l’Europe et sécurisa par ailleurs la route maritime aux alentours du Cap de Bonne Espérance. Il fut ainsi possible aux troupes britanniques de concentrer plus de forces dans l’Atlantique nord et d’assurer le convoi d’Amérique vers l’Europe. La marine japonaise sécurisa également la route maritime en direction de Singapour et les voies maritimes du nord Pacifique jusqu’au Mexique et à la côte ouest des États-Unis, ceux-ci pouvant alors retirer leurs navires de guerre du Pacifique pour les envoyer dans l’Atlantique.

 

La marine japonaise en Méditerranée

La Méditerranée20) revêtait une importance capitale pour l’Entente puisqu’entre autres, le transport des troupes des alliés d'Afrique et d’Asie vers le terrain de guerre ouest européen était assuré par la Méditerranée. Les sous-marins allemands et austro-hongrois représentant un réel danger sur les voies maritimes de Méditerranée, le Japon envoya sur demande de l’Amirauté britannique, les 10e et 11e flottille avec huit destroyers de classe Kaba sous le commandement du contre-amiral Kōzō Satō pour venir au secours des forces de sécurité et d’escorte de Méditerranée.21) Ce faisant, l’intention secrète du Japon était d’observer le nouveau sous-marin en action et de savoir comment le combattre, de l’étudier et d’analyser les expériences. La flottille atteignit la Méditerranée à la mi-avril 1917 et amarra à la station de Malte avec son navire amiral, le croiseur « Akashi ». En 1917, suivit la 15e flottille avec quatre destroyers de classe Momo et les croiseurs d'artillerie « Izumo » et « Nisshin ». Pour finir, la marine japonaise escorta 788 navires en Méditerranée, y compris le transport des troupes du Commonwealth réunissant plus de 700 000 hommes.

Pendant l’intervention de la marine japonaise en Méditerranée, le destroyer « Sakaki » fut torpillé par le « S.M.S. U-27 » le 11 juin 1917,22). La proue du destroyer fut arrachée et 68 hommes y trouvèrent la mort. Le destroyer fut remorqué, remis en état et put retourner au pays en compagnie des autres navires de guerre japonais en 1919.

Les 21 exigences du Japon à la Chine

Le Japon profita de la victoire de Tsingtau pour soumettre ses exigences à la Chine. Le 18 juin 1915, 21 exigences23) furent transmises par le premier ministre de l’époque, Okuma Shigenobu au président de la république de Chine. Ces 21 exigences peuvent être scindées en cinq grands groupes : Le premier groupe concernait la dissolution de l’influence allemande sur la presqu’île de Shandung au profit du Japon. Le deuxième groupe portait sur un renforcement de l’influence japonaise en Mandchourie du sud ; par ailleurs, la concession de Port Arthur devait être prorogée de 99 années supplémentaires. Les exigences du troisième groupe portaient sur des concessions minières en Chine. Le quatrième groupe garantissait formellement la souveraineté d’état à la Chine et comportait également une exigence selon laquelle la Chine ne cèderait plus de nouvelles concessions aux puissances étrangères. Ainsi, cette exigence se dressait contre l’extension de l’influence américaine en Asie ; en effet, les américains ne possédaient encore aucun port en Chine. Enfin, le cinquième groupe comportait des exigences d’une portée déterminante. Le Japon exigeait une influence sur la politique chinoise ainsi qu’un conseil dans les principales affaires de politique extérieure et intérieure. La Chine serait ainsi devenue dépendante du Japon.

Bien que la Chine ait informé la Grande-Bretagne, les États-Unis et les autres puissances occidentales des exigences japonaises, les alliés d’Europe, et tout particulièrement la France, la Russie et la Grande-Bretagne n’émirent aucune protestation et seuls les États-Unis soulevèrent des objections. La Chine rejeta d’abord en bloc les exigences, mais abandonnée par la communauté des nations, dut finalement céder en mai 1915. Seul le cinquième groupe d’exigences fut annulé par le Japon ou du moins caché au public à travers une annexe secrète. Le fait que la Chine se plie aux exigences du Japon déclencha une vague de contestation populaire et marquait également le début d’une politique d’expansion au continent d’Asie orientale, ce qui laissait présager l’orientation politique du Japon sur le continent.

La plus grande manifestation contre les exigences japonaises fut sans doute le rassemblement de plusieurs milliers d’étudiants le 4 mai 1919 à Pékin, bientôt rejoints dans tout le pays par des milliers de sympathisants de toute classe sociale. C’était la première fois qu’en Chine, des hommes et femmes de différentes classes se rassemblaient autour d’une cause commune. Ainsi étaient posées les bases de la puissance chinoise contre les convoitises des puissances étrangères.

 

Les relations tendues entre le Japon et les États-Unis

Entre la Chine et les États-Unis24) existait au moins depuis la reprise de la souveraineté sur les Philippines un conflit d’intérêts qui toutefois fut relégué au second plan pendant la première guerre mondiale. Le « traité de Lansing Ishii » signé le 2 novembre 1917 par l’ancien ministre des affaires étrangères japonais Ishii Kikujiro et son homologue américain Robert Lansing avait, il faut le dire, une portée considérable sur la liberté d’action du Japon en Asie orientale. À travers ce traité, les deux puissances s’entendaient sur leurs intérêts en Chine. Il y était stipulé que les États-Unis reconnaissaient les intérêts particuliers du Japon en Chine et qu’ils cautionnaient ainsi les actions du Japon en Chine. Le traité Landing Ishii fut toutefois abrogé dès 1923. Ce fut le premier signe indirect de la rivalité entre le Japon et les États-Unis en lutte pour l’hégémonie dans le Pacifique et en Asie orientale et du sud-est.

La rivalité entre le Japon et les États-Unis se fit également ressentir dans l’armement.25) En réponse au vaste programme de construction navale 8:8 du Japon26) en 1916, le congrès américain valida cette même année la construction de la plus grande flotte du monde. La réponse des Japonais ne se fit pas attendre longtemps. À l’hiver 1919/1920, les négociations sur un vaste programme de construction furent entamées au parlement. D’autres points de litige portaient sur des questions de race telles que l’égalité des droits pour les Japonais vivant à Hawaï et aux États-Unis ainsi que sur la question de l’ancienne île allemande de Yap qui constituait un point de jonction des câbles posés entre les États-Unis et les Philippines.

 

Aide japonaise à l’armement des forces alliées

Après le début de la guerre à l’été 1914 en Europe, la Russie perdit ses contacts commerciaux avec les puissances du milieu, ce qui induisit un rapprochement avec le Japon et une première demande de livraison d’armes ; la Russie avait notamment besoin de canons et d’obusiers de campagne ainsi que des munitions afférentes. Des discussions concrètes ne furent entamées que lorsque le gouvernement japonais posa un ultimatum à Berlin le 15 août et se prépara à entrer en guerre. Le 25 août, une commission militaire russe supervisée par le général de division Eduard Karlovich Hermonius (1864-1938) fut envoyée et arriva à Tokyo le 10 septembre 1914. Le 12 septembre, les officiers russes se présentèrent au ministère de la guerre japonais et entamèrent les premières discussions avec des personnalités influentes. Grâce à la « mission Hermonius » et à partir du printemps 1915, la Russie obtint 340 000 armes à feu et fusils de différents calibres, 351 pièces d'artillerie, 500 000 cartouches, 500 000 projectiles Schrapnell et une quantité indéfinie d’explosif et de poudre.27)

La France étant occupée par l’Allemagne et n’ayant quasiment pas les moyens de construire de petits navires de combat, elle commanda douze destroyers de classe Kaba en version d’exportation au Japon en 1917.28) Les navires furent baptisés « Algérien », « Annamite », « Arabe », « Bambara », « Hova », « Kabyle », « Marocain », « Sakalave », « Sénégalais », « Somali », « Tonkinois » et « Tuareg » et furent en service dans la marine française de 1917 à 1936.

 

L’intervention sibérienne

À l’été 1918, le Japon fut impliqué dans une entreprise militaire dont elle sortit sans gloire et avec peu de gains, à savoir l’invasion du bassin d’Amur aussi appelée l’intervention sibérienne29). La révolution d’octobre 1917 en Russie, la paix avec les forces du milieu en 1918 et l’extension de la guerre civile russe à la Sibérie renforcèrent les craintes des Alliés face à la situation critique en Russie. Aussi, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne demandèrent-ils au gouvernement japonais d’intervenir à leurs côtés en juillet 1918. Les États-Unis prévoyaient que toutes les nations impliquées dans l’intervention mettent chacune 7 000 hommes à disposition. L'état-major de Tokyo élabora alors des plans ambitieux d’expansion militaire en Sibérie et put convaincre la Chine d’autoriser une intervention japonaise dans le nord de la Mandchourie. Au lieu des 7 000 hommes décidés, le Japon en envoya finalement 12 000, une escadre de flottilles et une multitude d’avions militaires à Vladivostok. Au cours des mois qui suivirent, il renforça les troupes en présence qui passèrent à plus de 75 000 hommes et progressa le long de la voie ferroviaire sibérienne jusqu’à la région transbaïkalienne entre Amur et le lac Baïkal. Vers la fin de la première guerre mondiale en novembre 1918, les soldats japonais avaient pris possession de tous les ports et de toutes les grandes villes de la province russe de Primorje et de Sibérie orientale.

Les motifs poursuivis par le Japon avec l’intervention en Sibérie étaient complexes. D’après les sources officielles, le Japon, comme les États-Unis et les autres nations, ne voulait marcher sur la Sibérie que pour mettre à l’abri le matériel militaire se trouvant sur place et « sauver » la légion tchécoslovaque. L’hostilité du gouvernement japonais à l’égard du communisme, la volonté de se venger de la Russie pour les pertes historiques et l’opportunité de résoudre le « problème du nord » en créant un état tampon ou par une extension territoriale directe pour la sécurité du Japon furent autant d’autres raisons d’intervenir en Sibérie. Cela s’est finalement soldé par un véritable échec et le Japon dut retirer ses troupes de la Russie soviétique en octobre 1922 après d’importantes pertes.

 

Le front populaire et l’économie de guerre du Japon

Le front populaire japonais ne connut pas comme l’Europe la détresse et les privations d’une économie en berne engendrées par la guerre.30) Par conséquent, le peuple japonais n’était pas contraint au rationnement et même l’agriculture et l’industrie continuaient de produire comme en temps de paix. Toutefois, l’inflation grimpante allait être une terre fertile pour l’insatisfaction d’une grande partie de la population et dans presque tous les coins du pays, on nota de petits débordements et des protestations contre le coût de plus en plus élevé de la vie. En 1918, le Japon ne fut pas épargné par l’épidémie mondiale de grippe et recensa près de 250 000 morts au printemps. Une situation particulière fut induite par le comportement des autorités japonaises à l’égard des propriétés allemandes et austro-hongroises et tout particulièrement à l’égard de leurs filiales. Un exemple précis est donné par le comportement du Japon vis-à-vis de la filiale de la société Böhler au Japon.31) Les filiales du directeur Müller furent regroupées, les filiales d’Osaka et de Moji restèrent ouvertes et les stocks de toutes les filiales d’Asie orientale furent rapatriés dans la filiale de Tokyo. Müller put toutefois maintenir son activité durant toute la guerre sans ravitaillement de la part de sa mère patrie car malgré les sommations des alliés, les Japonais ne confisquèrent pas les biens autrichiens et tolérèrent les activités commerciales de la société Böhler. La Japon alla même jusqu’à prévenir Müller à temps de la présence des organes de contrôle dans la société.

La première guerre mondiale fut synonyme de grand déchirement économique. Si, avant la guerre, les chantiers navals japonais ne produisaient par ex. qu’environ un tiers de tous les navires dont avait besoin le Japon, ils en produisirent 89 % pendant la guerre puisque les autres pays n’avaient aucune capacité pour des mandats d’exportation. C’est ainsi que le Japon devint le troisième plus grand constructeur naval du monde. Cela signifie que le Japon assurait près de 10 % de la production mondiale.

Entre 1913 et 1919, le nombre d’usines passa de 32 000 à 44 000 et le nombre des employés, de 1,2 million à 2 millions.32) La valeur de la production industrielle augmenta de 1,4 million de Yen à 6,7 millions de Yen, cette hausse de la production industrielle se répercutant sur les exportations. Si le Japon exportait de la marchandise pour une valeur de 315 millions de Yen en 1913, ses exportations passèrent à 978 millions de Yen en 1918. Dans cette même période, les importations augmentèrent aussi, passant de 363 à 831 millions de Yen. Le Japon enregistra ainsi un bilan excédentaire et devint par conséquent un grand créancier à la fin de la guerre.

 

Les camps de prisonniers de guerre au Japon

Les prisonniers de guerre de Tsingtau arrivèrent au Japon où ils furent d’abord répartis dans des camps de fortune33) (de grands temples, des bâtiments publics, des salons de thé et des baraquements). Les soldats austro-hongrois ne furent pas enfermés mais répartis sur les camps de Himeiji, Kumamoto, Osaka et Fukuoka. Le commandant du croiseur d’artillerie « S.M.S. Kaiserin Elisabeth », capitaine de frégate Richard Makoviz (1868-1946), fut emprisonné avec le commandant de la garnison de Tsingtau, le contre-amiral allemand Mayer-Waldeck au camp de Fukuoka. En 1915, les deux officiers de haut rang furent déportés vers le camp de Narashino.

Ce n’est qu’au cours de l’année 1915 que les camps furent regroupés en camps de prisonniers de guerre plus grands et neufs dont les plus grands étaient ceux de Narashino près de Tokyo, dans lequel se trouvaient jusqu’à 1 000 prisonniers de guerre (surface du camp : 95 000 m²), de Bando sur Shikoku (57 233 m²) et d’Aonogahara près de Himeiji (22 683 m²).

Les camps étaient tous confortablement aménagés. Les officiers habitaient des logements individuels spacieux, les sous-officiers partageant des baraquements avec leurs équipes. Des terrains de foot et de tennis étaient aménagés dans ou à l’extérieur des camps. Les prisonniers de guerre avaient également le droit de cultiver les terres ou d’exercer leur artisanat et leur activité. C’est ainsi que les traditions artisanales et industrielles allemandes arrivèrent au Japon, comme par exemple la fabrication de saucisses, de pain, le métier de forgeron, etc.

Les prisonniers étaient traités de façon très digne, les camps de Kurume et Kyushu faisant toutefois exception. La gestion stricte de ces deux camps était due aux nombreuses tentatives de fuite des prisonniers et à la proximité géographique de la garnison de la 18e division, ce qui expliquait pourquoi les prisonniers ne pouvaient pas être mieux traités que les propres soldats. Le camp de Bando34) en particulier était géré par le commandant de camp colonel Matsue Toyohisa, qui parlait également allemand et qui laissait une grande autonomie de gestion aux prisonniers mêmes. Un journal interne était publié et imprimé par l’imprimerie du camp. La première de la neuvième symphonie de Beethoven le 1er juillet 1918 constitua sans doute la meilleure de toutes les activités organisées pour les prisonniers. Aujourd’hui, Bando est un musée et il existe quelques travaux scientifiques sur Bando ainsi qu’un film intitulé « baruto no gakuen » (« baruto » fait référence à la moustache du commandant de camp qui la portait comme l’empereur Guillaume et « gakuen » au camp en tant que lieu musical). Après la guerre, les prisonniers de guerre furent ramenés dans leur patrie par paquebot japonais en 1920.

 

Le Japon est les traités secondaires de Paris

En novembre 1918, les armes se turent en Europe et les puissances victorieuses purent procéder au nouvel ordre mondial. Des palais parisiens et leurs faubourgs furent choisis pour entamer les négociations de paix.35) Les réglementations territoriales prévues par le Traité de paix de Versailles et qui cédait au Japon la concession chinoise de Kiautschou furent particulièrement importantes pour le Japon. Jusqu’en 1922, Kiautschou resta sous administration japonaise avant d’être rétrocédée à la Chine sous la pression des États-Unis. De plus, la Société des Nations décida de mettre l’archipel des Mariannes du nord, les îles Marshall et l’archipel des Carolines sous mandat japonais dit « mandat C ». Ces archipels purent alors être régis selon le droit japonais. Néanmoins, il était interdit d’y installer des bases militaires.

Les négociations de paix furent également exploitées par une délégation de Coréens expatriés et du gouvernement provisoire de Corée à Shanghai pour demander l’indépendance de la Corée. Toutefois, ils ne furent pas entendus par les services officiels, la Corée étant considérée comme une colonie japonaise.

Les Japonais furent également impliqués dans les décisions des conférences de paix et c’est ainsi que, en tant que membres de la délégation, des officiers japonais participèrent aux commissions de réglementation des frontières et influencèrent le tracé des nouvelles frontières. Le colonel de l’état-major Yamaguchi Juhachi36) notamment, faisait partie de la commission de réglementation en charge de définir la frontière entre l’Autriche et la Hongrie.

 

Remarques finales

L’empire japonais fut l’un des empires montants du début du 20e siècle. Le nationalisme excessif et la puissance illimitée des militaires au sein du conseil d’état secret et du sénat militaire en firent un pays régi par un impérialisme totalitaire voyant l’extension effrénée de son territoire comme le plus grand de ses défis.

Avec les États-Unis, le Japon fut l’un des grands gagnants de la première guerre mondiale mais ne sut pas tirer un profit durable de cette victoire. Tout au plus après leur participation à l’intervention sibérienne, le Japon aurait dû revoir sa pensée mais poursuivit sa politique d’expansion agressive sur le continent d’Asie orientale qui finalement le mena à sa chute lors du passage du « pont Marco Polo » en 1937 et força la fin du militarisme après plus de huit ans de privation due à une guerre totale sur le continent asiatique et dans le Pacifique.

 


REMARQUES :

1 ) Les ouvrages suivants ont permis de relater la brève histoire du Japon : Hall John Whitney : L'empire japonais, Fischer, Francfort 2000; Sepp Linhart, Susanne Weiglin-Schwiedrzik (Hrsg.) : Asie de l'est 1600-1900. Histoire et société, Promedia, Vienne 2004. The Cambridge History of Japan, vol. 1 à vol. 2, Cambridge University Press, Cambridge 1988-1999.

2 ) H. Pöcher : 140 ans de relations officielles entre le Japon et l’Autriche. Dans : ÖMZ 6/2009, p.707-714.

3 ) Une histoire enjouée sera contée sur le futur général Oyama Iwao (1842-1916). Encore jeune officier, il se serait rendu en France et serait retourné au Japon une valise Louis Vuitton à la main. Oyama est donc probablement le premier Japonais à être rentré au pays avec une valise Louis Vuitton. Il pourrait donc être à l’origine de l’engouement encore actuel des Japonais pour la marque Louis Vuitton.

4 ) À ce propos, voir le texte de Pöcher Harald : Le major général Theodor Edler von Lerch ou comment le ski alpin est arrivé au Japon. Dans : Service de troupe 4/2009, p.324-332.

5 ) Cf. Ernst L. Presseisen: Before Aggression - Europeans Prepare the Japanese Army, The University of Arizona Press, Tuscon 1965, p.69ff.

6 ) Cf. S. Bruninghaus : Le développement de la ville coloniale allemande de Tsingtau de 1897 à 1914, éditions Grin, Norderstedt 2006.

7 ) Hans Pochhammer : Le dernier voyage du Comte Spee, Koehler, Leipzig 1933, p.12-13.

8 ) Cf. Rouge-blanc-rouge en mer jaune-Tsingtau 1914, histoire de la marine autrichienne, éditions Stöhr, Vienne 1996.

9 ) Cf. H. Pöcher : La production d’armes au Japon - Du Moyen-Âge à nos jours, éditions Lit, Vienne 2008. H. Pöcher : Guerres et batailles au Japon qui ont marqué l’histoire - De 1853 à 1922, éditions Lit, Vienne 2011.

10 ) David C. Evans et Mark R. Peattie: KAIGUN-Strategy, Tactics, and Technology in the Imperial Japanese 4 Navy 1887-1941, Naval Institute Press, Annapolis 1997, S.152ff.

11 ) Cf. F. Kosar : L’artillerie au 20e siècle, Bernard&Graefe, Bonn 2004.

12 ) Cf. Almanach de l’armée internationale de Veltze, millésime, éditions Edlinger, Vienne 1913/14. L’Autriche-Hongrie dépensa près de 853 millions de couronnes en 1914.

13 ) http://www.tsingtau.info/ (consulté le 10 octobre 2013) et http://www.marine-infanterie.de/html/4_10.html (consulté le 10 octobre 2013).

14 ) Cf. Charles B. Burdick: The Japanese Siege of Tsingtao, Hamden, Conneticut 1976.

15 ) Seiji Saito: Nichi Doku Tsingtao Senso, Yumanishobo, Tokyo 2001, p.48 et 49.

16 ) Cf. Histoire de l’infanterie de marine (1675-1919) sur http://www.marine-infanterie.de/html/4_10.html (consulté le 04.03.2013). G. Plüschow : Les aventures de l’aviateur de Tsingtau, Ullstein, Berlin 1916.

17 ) Cf. Rouge-blanc-rouge en mer jaune-Tsingtau 1914, histoire de la marine autrichienne, éditions Stöhr, Vienne 1996.

18 ) Mark R. Peattie : Nan’yo: The Rise and Fall of the Japanese in Micronesia, 1885-1945, University of Hawaii Press, Honolulu 1988, s.41ff.

19 ) Cf. Timothy D. Saxon: Anglo-Japanese Naval Cooperation, 1914-1918. Dans : Liberty University DigitalCommons@LibertyUniversity, Faculty Publications and Presentations Department of History 1-1-2000.

20 ) Cf. Paul G. Halpern: A Naval History of World War I, Naval Institute Press, Annapolis 1994, S.393.

21 ) Cf. Timothy D. Saxon: Anglo-Japanese Naval Cooperation, 1914-1918. Dans : Liberty University DigitalCommons@LibertyUniversity, Faculty Publications and Presentations Department of History 1-1-2000.

22 ) Cf. Oliver Trulei : Torpille lancée sur le SAKAKI. Dans : Autriche Maritime, édition du 4 mars 2002, p.20-22.

23 ) Cf. M. Chi : China Diplomacy 1914-1918, Harvard East Asian Monographs 1970, S.31-32.

25 ) Avec le Naval act de 1916, également appelé Big Navy act, les États-Unis ambitionnaient de constituer la plus forte marine du monde avec entre autres 10 navires de combat, 6 croiseurs de combat, 30 sous-marins et 50 destroyers.

26 ) Le programme de construction navale 8:8 était une stratégie japonaise qui ambitionnait de mettre en service 8 navires de combat et 8 croiseurs de combat.

27 ) Cf. Eduard Baryshew: The General Hermonius Mission to Japan (August 1914-March 1915) and the Issue of Armaments Supply in Russo-Japanese Relations during the First World War. Dans : Acta Slavica Iaponica, Tomus 30, pp.21-42.

28 ) Cf. Conway’s All the World’s Fighting Ships 1906-1921, Naval Institute Press, Annapolis 1984.

29 ) Cf. J.A. White: The Siberian Intervention, Princeton University Press, Princeton 1950.

30 ) Cf. V. Hentschel: Histoire économique du Japon moderne, Steiner, Stuttgart 1986.

31 ) À ce propos, voir également le préambule de l’auteur : Les liens commerciaux entre la société Böhler et le Japon. Dans : La République d’Autriche et le Japon pendant l’entre-deux-guerres, 1918-1938 (1945), Getreuer-Kargl et Linhart (Hrsg.), communiqués sur la japanologie, département de japanologie de l’institut des sciences de l’Asie orientale, Vienne 2013, page 51-67

32 ) Cf. G. Hardach: The First World War 1914-1918, pp.258-261 Penguin Books Ltd., London 1977.

33 ) À ce propos, voir le projet biographique historique www.tsingtau.info et le traitement des événements par les Japonais sur http://homepage3.nifty.com/akagaki et http://www.golf-dornseif.de/uploads/Die%20letzten%20Friedenstage%20von%20Tsingtau.pdf (consulté le 10 octobre 2013).

36 ) Le colonel Yamaguchi en qualité de capitaine, a largement contribué à l’introduction du ski alpin au Japon. À l’époque, il était officier d’état-major de la 13e division. Dès le début, il prit part aux entraînements de ski que prodiguait le major de l’état-major Theodorr von Lerch au 58e régiment d’infanterie. L’influence de Yamaguchi au sein de la commission de réglementation des frontières est expliquée en détail dans le texte de l’auteur : Un capitaine japonais de l’état-major a tracé les frontières de l’état fédéré du Burgenland, publié dans : Contributions à la japanologie 42 « La République d’Autriche et le Japon pendant l’entre-deux-guerres 1918-1938 (1945) », département de japanologie de l’institut universitaire de Vienne 2013, p. 19-39.