Ausgabe 01/2024


Horst Pleiner

Die strategische Lage zum Jahreswechsel

Der Betrachtungszeitraum kann klar als „zweites Kriegsjahr“ des Russland-Ukraine-Konfliktes bezeichnet werden, wobei sich die konkreten Parameter dieser Periode je nach Zugehörigkeit des Betrachters zwischen „neuem Kalten Krieg“, „hybridem Konflikt“ oder „gerechtfertigter Spezialoperation“ unterscheiden. Dabei hat sich der zunächst eher vorhersehbare strategische Ablauf des Betrachtungszeitraumes in den beiden letzten Monaten dramatisch über den Einzelkonflikt Ukraine-Russland hinaus dynamisiert.

Der Ukraine-Russland Konflikt wird als „medialer Großkampf“ auf globaler Ebene ausgetragen. Die Informationsflut der ersichtlichen oder verdeckten Propaganda und Beeinflussung machen es nicht nur einem Konsumenten der täglichen Nachrichtenflut, sondern auch den Entscheidungsträgern schwer, den richtigen Einblick zu erhalten und Durchblick zu finden. Man bemüht sich intensiv, die Akzeptanz der jeweiligen „strategischen Ziele“ sicherzustellen. Dabei gilt es, die Auswirkungen des direkten Aufeinandertreffens der Konfliktparteien als verträglich und unabdingbar darzustellen und scheut sich nicht nach Bedarf die Geschichte „umzuschreiben“. Das gilt nicht nur für das aktuelle Russland, sondern findet sich auch anderswo, wenn auch manchmal ein wenig „versteckt“. Nur die Tatsache schien in diesem zweiten Jahr des Konfliktes überschaubar zu sein, nämlich die indirekten Auswirkungen auf die Bevölkerung der Ukraine oder Russlands, sondern da ergaben sich globale Konsequenzen, egal ob als Flüchtling oder Migrant, als „Opfer“ enorm gesteigerter Lebensmittel- oder Energiekosten oder einer durch Mangellagen bedingten Nahrungsknappheit bis hin zu Hungersnöten. In den westlichen Demokratien fielen die Antworten auf entscheidende Fragen keineswegs eindeutig aus. Die Bandbreite der Vorstellungen zu den Werten hat sich erweitert und reicht von den martialischen Verfechtern der klaren Demokratie bis zu den Verleugnern staatlicher Autoritäten und Missachtungen von demokratisch beschlossenen gesetzlichen Festlegungen. Dabei spielen die massenwirksamen sozialen Medien in ihrer Vielfalt eine ganz besondere Rolle. Zentrale Herausforderungen bleiben die Zukunft der Ukraine, der EU und deren Erweiterungsprobleme mit dem Westbalkan oder im Transkaukasus; die Regulierung der Kryptowährungen und des Einsatzes von KI, die Verbesserung der globalen wirtschaftlichen Gerechtigkeit; des fairen Handels; der Klimawandel sowie der Maßnahmen zur Bekämpfung der Wassernot und des Hungers in der Welt. Für alle diese Ansätze finden sich 2024 entscheidende Stationen im März durch die Präsidentenwahl in Russland und im November in den USA. Das aktuelle strategische Verhalten Putins muss unter dem Aspekt der im März 2024 heranstehenden Präsidentenwahl in Russland gesehen werden. Putin kann keine Nachgiebigkeit zeigen, die ihm als Schwäche ausgelegt werden könnte. Da jetzt die „Heldenpose“ des Sieges kaum denkbar ist, muss er zumindest als erfolgreicher Verteidiger des russischen Bodens und als machtvoller Spieler auf der internationalen Bühne wahrgenommen werden. Daran arbeitet er intensiv. Mit diesen beiden Voten werden die Entwicklungslinien langfristig vorgegeben werden. Aber es werden auch Änderungen des individuellen Verhaltens und der Einstellung zu Aspekten wie Freiheit, Selbstbestimmung, Demokratie, Toleranz, aber auch Konsum, Mobilität und Freizeitverhalten unumgänglich sein.

The period under consideration can clearly be described as the “second year of war” of the Russia-Ukraine conflict, with the concrete parameters of this period differing between “New Cold War”, “hybrid conflict” or “justified special operation”, depending on the viewer’s affiliation. At the same time, the initially rather predictable strategic course of the period under review has dramatically increased in the last two months beyond the individual conflict between Ukraine and Russia.

The Ukraine-Russia conflict is being fought as a “major media struggle” on a global level. The flood of information, whether visible or covert, propaganda and influencing make it difficult not only for consumers of the daily flood of news, but also for decision-makers to gain the right insight and perspective. Intensive efforts are being made to ensure the acceptance of the respective “strategic goals”. In doing so, it is important to present the effects of the direct clash of the parties to the conflict as compatible and indispensable, and not to shy away from “rewriting” history as necessary.

This applies not only to current Russia, but can also be found elsewhere, albeit sometimes a little “hidden”. Only the fact seemed to be manageable in this second year of the conflict, namely the indirect effects on the population of Ukraine or Russia, but there were global consequences, whether for a refugee or migrant, for a “victim” of enormously increased food or energy costs or a food shortage caused by shortages up to famine. In Western democracies, the answers to crucial questions were by no means clear.

The spectrum of ideas about values has broadened and ranges from the martial advocates of clear democracy to the deniers of state authorities and disregard of democratically decided legal regulations. The diversity of social media, which have a mass impact, plays a very special role in this. The future of Ukraine, the EU and their enlargement problems with the Western Balkans or the Transcaucasus remain key challenges; the regulation of cryptocurrencies and the use of AI, the improvement of global economic justice; fair trade; climate change, as well as measures to combat water scarcity and hunger in the world.

In March 2024, decisive stages for all these approaches will be found through the presidential election in Russia and in November in the USA. Putin’s current strategic behaviour must be seen in the context of Russia’s upcoming presidential election in March 2024. Putin cannot show any indulgence that could be construed as weakness. Since the “heroic pose” of victory is hardly conceivable at the moment, he must at least be perceived as a successful defender of Russian soil and a powerful player on the international stage. He is working intensively on this. With these two elections the lines of development will be determined in the long term. But changes in individual behaviour and attitudes towards aspects such as freedom, self-determination, democracy, tolerance, but also consumption, mobility and leisure behaviour will also be unavoidable.

La période considérée peut clairement être qualifiée de « deuxième année de guerre » du conflit Russie-Ukraine, les paramètres concrets de cette période variant selon l'appartenance de l'observateur entre « nouvelle guerre froide », « conflit hybride » ou « opération spéciale justifiée ». Dans ce contexte, le déroulement stratégique de la période considérée, d'abord plutôt prévisible, s'est dynamisé de manière dramatique au cours des deux derniers mois, dépassant le conflit isolé Ukraine-Russie.

Le conflit entre l'Ukraine et la Russie se déroule comme un « grand combat médiatique » à l'échelle mondiale. Le flot d'informations de la propagande et de l'influence, visibles ou cachées, rend difficile d'avoir un aperçu correct, non seulement pour le consommateur du flot quotidien d'informations, mais aussi pour les décideurs. On s'efforce de faire accepter les « objectifs stratégiques » respectifs. Il s'agit de présenter les conséquences de la rencontre directe des parties en conflit comme compatibles et indispensables, et on n'hésite pas à « réécrire » l'histoire en fonction des besoins donnés. Cela ne vaut pas seulement pour la Russie actuelle, mais se retrouve aussi ailleurs, même si c'est parfois un peu « caché ». Le seul fait qui semblait gérable en cette deuxième année de conflit était l'impact indirect sur la population de l'Ukraine ou de la Russie. Néanmoins, il y avait aussi des conséquences globales, que ce soit pour les réfugiés ou les migrants, en tant que « victimes » d'une augmentation énorme des coûts de nourriture ou d’énergie ou d'une pénurie alimentaire, voire des famines. Dans les démocraties occidentales, les réponses aux questions cruciales n'ont pas été claires du tout. L'éventail des idées sur les valeurs s'est élargi, allant des défenseurs martiaux d'une démocratie claire aux négateurs de l'autorité de l'État et au mépris des définitions légales et démocratiquement décidées. Dans ce contexte, les médias sociaux, qui ont un impact sur les masses, jouent un rôle très particulier dans leur diversité. Les défis centraux restent l'avenir de l'Ukraine, de l'UE et ses problèmes d'élargissement avec les Balkans occidentaux ou la Transcaucasie, la régulation des crypto-monnaies et l'utilisation de l'IA, l'amélioration de la justice économique mondiale, le commerce équitable, le changement climatique ainsi que les mesures de lutte contre la pénurie d'eau et la faim dans le monde. Pour toutes ces approches, on trouve en 2024 des étapes décisives en mars avec l'élection présidentielle en Russie et en novembre aux États-Unis. Le comportement stratégique actuel de Poutine doit être vu sous l'angle des élections présidentielles russes qui se profilent en mars 2024. Poutine ne peut pas faire preuve de souplesse, ce qui pourrait être interprété comme une faiblesse. Maintenant que la « pose du héros » de la victoire n'est guère envisageable, il (Poutine) doit au moins être perçu comme un défenseur efficace du sol russe et un joueur puissant sur la scène internationale. C'est ce à quoi il travaille intensivement. Avec ces deux votes, les lignes de développement seront données à long terme. Mais il sera également indispensable de modifier les comportements individuels et les attitudes vis-à-vis des aspects comme la liberté, l'autodétermination, la démocratie, la tolérance, mais aussi la consommation, la mobilité et les loisirs.

Nicolas Stojek

Kann Deutschland Verteidigung?
Eine kulturevolutionäre Perspektive auf die Zeitenwende

Als am 24. Februar 2022 russische Truppen in die Ukraine einmarschierten und damit offiziell der erste innereuropäische zwischenstaatliche Krieg seit dem Zweiten Weltkrieg ausbrach, zeigten sich selbst Experten überrascht. Bereits 1997 warnte Zbigniew Brzezinski, damaliger Sicherheitsberater des US-Präsidenten Jimmy Carter, vor den schlummernden geopolitischen Ambitionen Russlands. Deutschland hingegen steht auch ein Jahr nach Kriegsausbruch immer noch ohne auch nur vielversprechende Programme zur Wiederherstellung seiner Verteidigungskapazitäten da. Die konkreten Probleme der Bundeswehr und der deutschen Sicherheitslandschaft generell sind mannigfaltig und nicht im Fokus des vorliegenden Textes. Vielmehr soll von der Masse an Problemen abstrahiert und erörtert werden, ob Deutschland in Bezug auf seine Verteidigungsfähigkeit vielleicht ein tiefergehendes, kultursystemisches Problem hat. Ein kultursystemtheoretischer Ansatz versucht eine funktionale Notwendigkeit zu identifizieren, warum ein Verhalten stattfand wie es stattfand. Die Spekulation über Verhaltensursachen auf der Baseline kulturellen Verhaltens, also über kognitive Ursachen, bietet aber die Möglichkeiten, den Diskurs zu erweitern und Fragen aufzuwerfen, die gegebenenfalls zu Antworten auf die deutsche Verteidigungskrise führen.

Der Militärhistoriker Martin van Creveld benannte 2016 in seinem Buch („Pussycats: Why the Rest Keeps Beating the West and What can be Done About it“) eine überbehütete Jugend; von zivilen Logiken gezähmte Armeen; eine „Verweiblichung“ der Streitkräfte; die angebliche Konstruktion der Posttraumatischen Belastungsstörung; und die Delegitimierung des Krieges als Ursachen des verminderten Verteidigungsvermögens. Im Fokus seines Buches standen die USA. Durch seiner Meinung nach falsche Erziehungstrends werde die Förderung von Talenten durch eine Leistungsnivellierung nach unten verhindert. Seiner Einschätzung und Beobachtung nach lassen sich aus solchen Jugendlichen keine Soldaten mehr rekrutieren. Die Substanz der Lösungsvorschläge Crevelds ist aus Sicht des Autors ernüchternd, legt aber offen, wo die Leerstellen der Kriegswissenschaft liegen. Einen möglichen Ansatz, diese Lücke zu füllen, stellt der vorliegende Artikel dar. Ein weiterer wichtiger Beitrag ist die oben zitierte soziohistorische Analyse des Deutschen Kriegers von Sönke Neitzel. Wenngleich Neitzel keine tiefgehende Ethnographie der Bundeswehr vorlegt, ist sein Ansatz, das Militär auch aus der militärkulturellen Binnenlogik zu verstehen, in der gegenwärtigen deutschen Militärwissenschaft noch unterrepräsentiert und sollte unbedingt Schule machen. Auch sollte ein umfassenderer Ansatz bei der Frage der Wehrfähigkeit eines Landes in Betracht gezogen werden. Van Creveld legt nahe, dass die Wehrunfähigkeit bereits im Kindesalter gefördert wird. Diese Beobachtung wird nicht nur durch die kognitionswissenschaftlichen Ausführungen belegt, sondern auch durch die Einführung des Begriffs „Rasenmäher-Eltern“ als Steigerung zu den allseits bekannten „Helikopter-Eltern“. Es wäre außerdem lohnend zu untersuchen, ob die Aufnahme strategischer Literatur beispielsweise der Clausewitz-Lektüre in die Lehrpläne eine feststellbare Verbesserung der strategischen Resilienz und des strategischen Denkens in Deutschland bewirken kann. Eine bildungswissenschaftliche Untersuchung der Wehrfähigkeit wäre demgemäß ebenfalls angebracht.

When Russian troops invaded Ukraine on February 24, 2022, officially breaking out the first intra-European interstate war since World War II, even experts were surprised. As early as 1997, Zbigniew Brzezinski, then US President Jimmy Carter's national security adviser, warned of Russia's dormant geopolitical ambitions. Germany, on the other hand, a year after the outbreak of war, is still without even promising programs to restore its defence capabilities. The concrete problems of the Bundeswehr and the German security landscape in general are manifold and not the focus of this text.

Rather, the aim is to abstract from the mass of problems and discuss whether Germany perhaps has a deeper, cultural-systemic problem with regard to its defense capability. A cultural systems theory approach attempts to identify a functional necessity as to why a behaviour took place the way it did. However, the speculation about behavioural causes on the baseline of cultural behaviour, i.e. about cognitive causes, offers the opportunity to broaden the discourse and raise questions that may lead to answers to the German defense crisis.

In his 2016 book (“Pussycats: Why the Rest Keeps Beating the West and What can be Done About it”), military historian Martin van Creveld named an overprotected youth; armies tamed by civilian logics; a “feminization” of the armed forces; the alleged construction of post-traumatic stress disorder; and the delegitimization of war as causes of diminished defensive capacity. The focus of his book was the USA. In his opinion, wrong educational trends prevent the promotion of talents through a downward levelling of performance. In his estimation and observation, it is no longer possible to recruit soldiers from such youths.

From the author's point of view, the substance of Creveld's proposed solutions is sobering, but it reveals where the gaps in the science of war lie. One possible approach to fill this gap is presented in this article. Another important contribution is the socio-historical analysis of the German warrior by Sönke Neitzel cited above. Although Neitzel does not present an in-depth ethnography of the Bundeswehr, his approach to understanding the military from the point of view of internal military culture is still underrepresented in contemporary German military science and should definitely set a precedent. A more comprehensive approach to the question of a country's military capability should also be considered.

Van Creveld suggests that disability for military service is encouraged from an early age. This observation is not only confirmed by the cognitive science explanations, but also by the introduction of the term “lawnmower parents” as an escalation of the well-known “helicopter parents”. It would also be worthwhile to investigate whether the inclusion of strategic literature, such as reading Clausewitz, in the curricula can bring about a demonstrable improvement in strategic resilience and strategic thinking in Germany. Accordingly, an educational study of military capability would also be appropriate.

Lorsque, le 24 février 2022, les troupes russes ont envahi l'Ukraine, déclenchant officiellement la première guerre interétatique intra-européenne depuis la Seconde Guerre mondiale, même les experts se sont montrés surpris. Déjà en 1997 Zbigniew Brzezinski, à l’époque conseiller en sécurité du président américain Jimmy Carter, a mis en garde contre les ambitions géopolitiques dormantes de la Russie. L’Allemagne, en revanche, n’a pas encore développé un programme prometteur pour le rétablissement de ses capacités de défense - et cela une année après le début de la guerre en Ukraine. Les problèmes concrets de la Bundeswehr et du paysage sécuritaire allemand en général sont multiples et ne sont pas au centre du présent texte. Il s'agit plutôt de faire abstraction de la masse de problèmes et de se demander si l'Allemagne a peut-être un problème plus profond, lié au système culturel, en ce qui concerne sa capacité de défense. Une approche basée sur la théorie des systèmes culturels tente d'identifier une nécessité fonctionnelle qui explique pourquoi un comportement s'est produit comme il s'est produit. La spéculation sur les causes comportementales à la base du comportement culturel, c'est-à-dire sur les causes cognitives, offre cependant les possibilités d'élargir le discours et de soulever des questions qui, le cas échéant, conduisent à des réponses à la crise de la défense allemande.

En 2016, l'historien militaire Martin van Creveld a désigné dans son livre (“Pussycats : Why the Rest Keeps Beating the West and What can be Done About it” ) une jeunesse surprotégée, des armées apprivoisées par des logiques civiles, une « féminisation » des forces armées, la prétendue construction du trouble de stress post-traumatique et la délégitimation de la guerre comme causes de la diminution de la capacité de défense. Son livre se concentre sur les États-Unis. Selon lui, les tendances erronées en matière d'éducation empêchent la promotion des talents à cause du nivellement des performances vers le bas. Selon son évaluation et ses observations, il n'est plus possible de recruter des soldats parmi de tels jeunes. La substance des solutions proposées par Creveld est, du point de vue de l'auteur, dégrisant, mais elle révèle où se trouvent les vides de la science de guerre. Le présent article constitue une possible approche pour combler cette lacune. L'analyse socio-historique du « guerrier allemand » de Sönke Neitzel, citée plus haut, constitue une autre contribution importante. Même si Neitzel ne présente pas une ethnographie approfondie de la Bundeswehr, son approche, qui consiste à comprendre l'armée également à partir de la logique interne de la culture militaire, est encore sous-représentée dans la science militaire allemande actuelle et devrait absolument faire école. Il faudrait également envisager une approche plus globale de la question de l'aptitude d'un pays à se défendre. Van Creveld suggère que l'inaptitude au service militaire soit encouragée déjà dès l’enfance. Cette observation n'est pas seulement prouvée par les explications des sciences cognitives, mais aussi par l'introduction du terme de « parents tondeuses » en tant que renforcement du terme bien connu de « parents hélicoptères ». De plus, il serait profitable d'examiner si l'intégration de la littérature stratégique, par exemple la lecture de Clausewitz, dans les programmes scolaires, peut entraîner une amélioration constatable de la résilience stratégique et de la pensée stratégique en Allemagne. Une étude des sciences de l'éducation sur l'aptitude à la défense serait donc également appropriée.

Stefan Goertz

„Zeitenwende“ der deutschen Sicherheits- und Verteidigungspolitik? 
Die Bundeswehr und der Bundesnachrichtendienst in der „Zeitenwende“

Der deutsche Bundeskanzler Olaf Scholz rief kurz nach dem Beginn des Ukraine-Krieges eine „Zeitenwende“ für die deutsche Sicherheits- und Verteidigungspolitik aus. Dieser Beitrag untersucht den aktuellen Stand dieser „Zeitenwende“ anhand der Bundeswehr, den deutschen Streitkräften, sowie anhand des Bundesnachrichtendienstes (BND), dem Auslandsnachrichtendienst, der direkt dem Bundeskanzleramt untersteht. Schwerpunkte der Analyse sind hierbei gravierende Mängel in der Beschaffung von Rüstungsgütern bei der Bundeswehr sowie eklatante Analysemängel des BND, der sowohl bei der zweiten Machtübernahme der Taliban in Afghanistan als auch beim Beginn des russischen Angriffskrieges gegen die Ukraine signifikante Schwächen aufwies.

Bei aller (berechtigter) Kritik an der Bundeswehr und am BND gilt es, das Primat der Politik in Bezug auf die Fähigkeiten, die Ausrüstung, den Personalnachwuchs sowie das Mindset der Bundeswehr und des BND zu bedenken. Mit der von ihm ausgerufenen „Zeitenwende“ versprach Bundeskanzler Scholz einen Sonderfonds von 100 Mrd. EUR für die Bundeswehr und das Erfüllen der 2%-Vorgabe der NATO, „mehr als 2%“ des BIP in die Verteidigung investieren und dazu beizutragen, das NATO-Gebiet zu verteidigen. Damit stellte Bundeskanzler Scholz auch in den Raum, die Zurückhaltung der Bundesregierung, die Geringschätzung von „Hard Power“ in der Sicherheitspolitik zu beenden. Dieses Versprechen einer Zeitenwende wurde aber schnell durch die Politik der Bundesregierung in Frage gestellt, als es um Waffenlieferungen an die Ukraine ging und zeitnahe, konkrete Maßnahmen, den 100 Mrd. EUR-Sonderfonds in die Bundeswehr zu investieren, sowie das NATO-Ziel, 2% des BIP für die Verteidigung auszugeben, zu erreichen. Dazu kommt eine „fehlende Zeitenwende im Kopf“, also eine Änderung des Mindsets der deutschen Sicherheits- und Verteidigungspolitik.

Eine „Zeitenwende im Kopf „müsste analog auch beim BND und den anderen deutschen Nachrichtendiensten vollzogen werden. Diese „Zeitenwende im Kopf“, eine signifikante Änderung des Mindsets der Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter des BND, müsste allerdings von den politisch Verantwortlichen vorgegeben, von der Behördenleitung implementiert und von der Politik kontrolliert werden, damit die Umsetzung der politischen Vorhaben effizient und nachhaltig ist.

Die Fähigkeiten der Soldatinnen und Soldaten sowie der Verwaltungsmitarbeiterinnen und -mitarbeitern der Bundeswehr und der BND-Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter darin zu stärken, „outside the box“ zu denken, sollten zeitnah durch eine „Zeitenwende im Kopf“ (signifikante Änderung des Mindsets) sowie durch ein deutlich erhöhtes Niveau der wissenschaftlichen Analysekompetenz des BND, umgesetzt werden.

Shortly after the start of the Ukraine war, German Chancellor Olaf Scholz proclaimed a "turning point" for German security and defence policy. This article examines the current status of this "turning point" using the Bundeswehr, the German armed forces, and the Federal Intelligence Service (BND), the foreign intelligence service that reports directly to the Federal Chancellery. The analysis focuses on serious deficiencies in the procurement of armaments of the Bundeswehr as well as aggravating analytical deficiencies of the BND, which showed significant weaknesses both during the second Taliban takeover of power in Afghanistan and at the beginning of the Russian war of aggression against Ukraine. Despite all (justified) criticism of the Bundeswehr and the BND, it is important to consider the primacy of politics in terms of capabilities, equipment, young personnel and the mindset of the Bundeswehr and the BND. With the "turning point" he proclaimed, Chancellor Scholz promised a special fund of EUR 100 billion for the Bundeswehr and the fulfilment of NATO's 2% target of investing "more than 2%" of GDP in defence and helping to defend NATO territory. In doing so, Chancellor Scholz also hinted at the possibility of ending the Federal Government's reluctance to disdain of "hard power" in security policy.

This promise of a turning point, however, was quickly queried by the policy of the German government when it came to arms deliveries to Ukraine and timely, concrete measures to invest the EUR 100 billion special fund in the Bundeswehr, as well as to achieve NATO's goal of spending 2% of GDP on defense. In addition, there is a "missing turning point in the mind", i.e. a change in the mindset of German security and defence policy. A "turning point in the mind" would have to be implemented in the same way as the BND and the other German intelligence services. However, this "turning point in the mind", a significant change in the mindset of the BND's employees, would have to be specified by the politically responsible, implemented by the management of the authorities and controlled by politicians so that the implementation of the political projects is efficient and sustainable. Strengthening the abilities of soldiers and administrative staff of the Bundeswehr and BND employees to think "outside the box" should be implemented in a timely manner through a "turning point in the mind" (significant change in mindset) as well as through a significantly increased level of the BND's scientific analytical competence.

Peu après le début de la guerre en Ukraine, le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé à un « changement d'époque » pour la politique de sécurité et de défense allemande. Cet article examine l'état actuel de ce « changement d'époque » en se basant sur la Bundeswehr (Forces armées allemandes), le Bundesnachrichtendienst (Service fédéral de renseignement/BND) et le service de renseignement extérieur, qui est directement subordonné à la Chancellerie fédérale. L'analyse met l'accent sur les graves lacunes dans l'acquisition d'armements par la Bundeswehr ainsi que sur les manques d'analyse flagrants du BND, service qui a montré des faiblesses significatives lors de la deuxième prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan ainsi qu’au début de la guerre d'agression russe contre l'Ukraine. Malgré toutes les critiques (justifiées) adressées à la Bundeswehr et au BND, il convient de garder à l'esprit la primauté de la politique en ce qui concerne les capacités, l'équipement, la relève du personnel et l'état d'esprit de la Bundeswehr et du BND. Avec le « changement d'époque » qu'il a proclamé, le chancelier Scholz a promis un fonds spécial de 100 milliards d'euros pour la Bundeswehr et le respect de « l'objectif de 2% » de l'OTAN. En fait, il a promis d'investir même « plus de 2% » du PIB en matière de défense et de contribuer à défendre la zone de l'OTAN. Ainsi, le chancelier Scholz a également mis en perspective de mettre fin à la prudence du gouvernement fédéral ainsi qu’au mépris du « hard power » vis-à-vis de la politique de sécurité. Cette promesse d'un changement d'époque a toutefois été rapidement remise en question par la politique du gouvernement fédéral lorsqu'il s’agissait de livrer des armes à l'Ukraine et de prendre des mesures concrètes et rapides pour investir le fonds spécial de 100 milliards d'euros dans la Bundeswehr et d'atteindre l'objectif de l'OTAN de consacrer 2% du PIB à la défense. A cela s'ajoute un « manque de changement d'époque dans la tête », c'est-à-dire un changement de l'état d'esprit de la politique de sécurité et de défense allemande. Également et de façon analogue, un « changement d'époque dans la tête » devrait se passer chez le BND et les autres services de renseignement allemands. Ce « changement d'époque dans la tête », c’est-à-dire une modification significative de l'état d'esprit des membres du BND, devrait toutefois être prescrit par les responsables politiques, mis en œuvre par la direction du BND et contrôlé par la politique afin que la réalisation des projets politiques soit efficace et durable. Renforcer les capacités des soldats et du personnel administratif de la Bundeswehr et des membres du BND à penser différemment devrait être mis en œuvre rapidement par un « changement d'époque dans la tête » (modification significative de l'état d'esprit) ainsi que par un niveau nettement plus élevé des compétences d'analyse scientifique du BND.

Maximilian Grieb

Russlands Nationalgarde - Putins mächtige Inlandsarmee

Setzt die Russische Föderation bei ihren Geheimdiensten die Tradition der Sowjetunion fort, so reicht auch die Geschichte der Nationalgarde weit in das 20. Jahrhundert zurück. Bis heute gelten in den historischen Darstellungen die „Roten Garden“ sowohl als Ursprung der Roten Armee als auch der aus den Truppen des Innenministeriums (der UdSSR) hervorgegangenen Truppen der Nationalgarde. Der Oberbefehlshaber der Nationalgarde, der ebenso aus dem KGB kommende Viktor Solotow (Jahrgang 1954), gehört, euphemistisch gesagt, zu den schillerndsten Persönlichkeiten unter den Silowiki. Seinen Wehrdienst versah er ab 1974 bei den dem KGB unterstehenden Grenztruppen, womit der Grundstock für seine weitere Laufbahn als Tschekist gelegt werden sollte. Bis zum Untergang der Sowjetunion diente er in der 9. Direktion, deren Aufgabe im Schutz der herrschenden Klasse der marxistisch-leninistischen Diktatur - der Nomenklatura - bestand. Dem Metier blieb er bis 1996 treu. Historische Aufnahmen zeigten ihn 1991 als Leibwächter Boris Jelzins. Danach war er für die Sicherheit von Sankt Petersburgs Bürgermeister Anatolij Sobtschak zuständig. In jener Zeit, so die offizielle Darstellung, lernte er auch den damaligen Vizebürgermeister Wladimir Putin kennen, dessen Sparringspartner er bei Judo und Boxen war. Bevor er im Jahr 2000 Leiter des Sicherheitsdienstes des Präsidenten wurde, war Solotow vier Jahre für private Sicherheitsfirmen tätig - insbesondere für „Baltic Escort“. Solotow verfügt über ein stattliches Vermögen, wobei die Geldquellen unklar sind. Allein der Wert seiner Immobilien soll bei 340 Mio. EUR liegen. Die Korruptionsvorwürfe gegen ihn sind mannigfaltig.

Ende 2020/Anfang 2021 mussten zehn Generäle der Nationalgarde zurücktreten, nachdem sie sich ihren Oberbefehlshaber, Armeegeneral Viktor Solotow, „zu offensichtlich“ als Vorbild genommen hatten. Putin, der seit über 20 Jahren an der Spitze der Russischen Föderation steht, hat ein polyzentrisches Gefüge errichtet. Waren es in der Sowjetunion die marxistisch-leninistische Staatspartei KPdSU, der militärisch-industrielle Komplex sowie das Komitee für Staatssicherheit (KGB), so sind es heute ausschließlich Institutionen mit tschekistischem Hintergrund - allen voran FSB, FSO, Nationalgarde - die letztendlich das politische Geschehen im Hintergrund kontrollieren und lenken.

Hat der „Fehltritt“ des Chefs der Wagner-Söldnergruppe, Jewgeni Prigoschin, das Herrschaftssystem Putins fundamental ins Wanken gebracht? Hat er gar eine Wende im Ukraine-Krieg eingeleitet? Weder - noch. Es gibt jedoch einen gewaltigen Nebeneffekt - quasi einen Kollateralschaden - der die bestehende Ordnung und das Gespann Putin-Solotow enorm stärkt: Mehr Geld, mehr Personal und mehr (schweres) Gerät für die Nationalgarde. Bereits am 19. Juli 2023 beschloss die Staatsduma, die Aufstockung mit schweren Waffen - einschließlich moderner gepanzerter Fahrzeuge. Ebenso wurde eine Ausweitung ihrer Befugnisse abgesegnet. Manche Kommentatoren vertreten sogar die Ansicht, die eigentliche Regierung Russlands sei die Nationalgarde.

While the Russian Federation continues the tradition of the Soviet Union in its intelligence services, the history of the National Guard also goes back well into the 20th century. To this day, in historical accounts, the "Red Guards" are considered to be the origin of both the Red Army and the troops of the National Guard that emerged from the troops of the Ministry of Internal Affairs (the USSR). The commander-in-chief of the National Guard, Viktor Zolotov (born 1954), who also comes from the KGB, is, to put it euphemistically, one of the most colourful personalities among the Siloviki. From 1974 he did his military service with the border troops under the KGB, which was to lay the foundation for his further career as a Chekist. Until the fall of the Soviet Union, he served in the 9th Directorate, whose task was to protect the ruling class of the Marxist-Leninist dictatorship - the nomenklatura.

He remained faithful to the profession until 1996. Historical photographs showed him in 1991 as Boris Yeltsin's bodyguard. After that, he was in charge of the security of St. Petersburg's mayor, Anatoly Sobchak. At that time, according to the official presentation, he also met the then deputy mayor Vladimir Putin, whose sparring partner he was in judo and boxing. Before becoming head of the president's security service in 2000, Zolotov worked for private security companies for four years - in particular, "Baltic Escort". Zolotov has a handsome fortune, although the sources of money are unclear. The value of his real estate alone is said to be EUR 340 million. The corruption allegations against him are manifold.

In late 2020/early 2021, ten National Guard generals were forced to resign after taking their commander-in-chief, Army General Viktor Zolotov, "too obviously" as a model. Putin, who has been at the helm of the Russian Federation for over 20 years, has established a polycentric structure. Whereas in the Soviet Union it was the Marxist-Leninist state party CPSU, the military-industrial complex and the Committee for State Security (KGB), today it is exclusively institutions with a Chekist background - above all the FSB, FSO, National Guard - which ultimately control and direct political events in the background.

Has the "misstep" of the head of the Wagner mercenary group, Yevgeny Prigozhin, fundamentally shaken Putin's system of rule? Has he even initiated a turnaround in the Ukraine war? Neither. However, there is a huge side effect - collateral damage, so to speak - that enormously strengthens the existing order and the Putin-Zolotov team: more money, more personnel and more (heavy) equipment for the National Guard. Back on July 19, 2023, the State Duma decided to increase the number of heavy weapons - including modern armoured vehicles. An extension of their powers was also approved. Some commentators even argue that the real government of Russia is the National Guard.

Alors que la Fédération de Russie perpétue la tradition de l'Union soviétique chez ses services secrets, l'histoire de la Garde nationale remonte également loin dans le 20e siècle. Jusqu'à aujourd'hui, on voit les « Gardes rouges » dans les représentations historiques toujours comme l'origine de l'Armée rouge et des troupes de la Garde nationale, issues des troupes du ministère de l'Intérieur (de l'URSS). Le commandant en chef de la Garde nationale, Viktor Solotov (né en 1954), aussi issu du KGB, fait partie, pour employer un euphémisme, des personnalités les plus hautes en couleur parmi les Siloviki. Il a effectué son service militaire à partir de 1974 dans les troupes frontalières dépendant du KGB, ce qui devait poser les bases de sa future carrière de tchékiste. Jusqu'à la chute de l'Union soviétique, il a servi au sein de la 9e direction, dont la mission consistait à protéger la classe dirigeante de la dictature marxiste-léniniste - ladite « Nomenklatura ». Il est resté fidèle à ce métier jusqu'en 1996. Des photos historiques le montrent en 1991 comme garde du corps de Boris Eltsine. Il a ensuite été chargé de la sécurité du maire de Saint-Pétersbourg, Anatolij Sobtschak. C'est à cette époque, selon la version officielle, qu'il a fait la connaissance du vice maire de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine, dont il était le sparring-partner en judo et en boxe. Avant de devenir chef du service de sécurité du président russe en 2000, Solotov a travaillé quatre ans pour des entreprises de sécurité privées, notamment pour « Baltic Escort ». Solotov dispose d'une fortune considérable, dont les sources d'argent ne sont pas claires. La valeur seule de ses biens immobiliers s'élèverait à 340 millions d'euros. Les accusations de corruption à son encontre sont multiples.

Fin 2020/début 2021, dix généraux de la Garde nationale ont dû démissionner après avoir pris « trop visiblement » leur commandant en chef, le général d'armée Viktor Solotov, comme modèle. Poutine, qui est à la tête de la Fédération de Russie depuis plus de 20 ans, a mis en place une structure polycentrique. Alors que, dans l’Union soviétique, il s'agissait du parti d'Etat marxiste-léniniste, le PCUS, du complexe militaro-industriel ainsi que du Comité de sécurité d'Etat (KGB) qui dominaient la Russie, ce sont aujourd'hui exclusivement des institutions d'origine tchékiste - FSB, FSO, Garde nationale en tête - qui contrôlent et dirigent en fin de compte les événements politiques en arrière-plan.

Le « faux pas » du chef du groupe de mercenaires Wagner, Evgueni Prigojine, a-t-il fondamentalement ébranlé le système de pouvoir de Poutine ? A-t-il même amorcé un tournant dans la guerre contre l’Ukraine ? Ni l'un ni l'autre. Il y a toutefois un énorme effet secondaire - quasiment un dommage collatéral - qui renforce énormément l'ordre existant et le tandem Poutine-Solotov : plus d'argent, plus de personnel et plus de matériel (lourd) pour la Garde nationale. Dès le 19 juillet 2023, la Douma d'État a décidé d'augmenter le nombre d'armes lourdes, y compris de véhicules blindés modernes. En même temps, les pouvoirs de la Douma ont été fortement augmentés. Certains commentateurs estiment même que la Garde nationale est devenue le vrai gouvernement russe.

Alexandra Duca

Autonome Waffensysteme

Autonome Waffensysteme (AWS) haben in den letzten Jahren für eine Vielzahl an Diskussionen gesorgt und im internationalen Bereich wiederholt großes Aufsehen erregt. Viele Staaten sehen ein enormes Risiko für die Schwächung des Völkerrechts, die Untergrabung der Menschenwürde und für Machtkämpfe von Staaten. Im vorliegenden Artikel werden die bestehenden Beschränkungen für die Entwicklung und den Einsatz von AWS im Lichte des Humanitären Völkerrechts (HuVR) analysiert und die Vereinbarkeit von AWS mit den Grundprinzipien des HuVR untersucht. Zudem werden die bisher entwickelten Konzepte und Rahmen überblicksmäßig dargestellt und ein Blick auf mögliche künftige Entwicklungen hinsichtlich des Rüstungskontrollprozesses geworfen.

Es ist erkennbar, dass es hinsichtlich des Einsatzes von AWS aufgrund deren einzigartigen Eigenschaften einer detaillierten Analyse aus mehreren Perspektiven und v.a. einer angemessenen Interpretation des bestehenden Rechts bedarf, um ein Wettrüsten zu verhindern und die Risiken für Zivilistinnen und Zivilisten zu minimieren. Unter Berücksichtigung der unterschiedlichen Fähigkeiten, Ressourcen und Interessen der Staaten in Hinblick auf AWS, spielen der Multilateralismus und das Finden von gemeinsamen Nennern eine außerordentlich große Rolle.

Hinsichtlich der Regierungsexpertengruppe „Group of Governmental Experts on emerging technologies in the area of lethal autonomous weapons systems“ (GGE LAWS) variieren die Positionen von Staaten u.a. dahingehend, welches internationale Instrument am besten für die Reduktion von potenziellen Risiken im Zusammenhang mit der Entwicklung und dem Einsatz von AWS geeignet ist. Während manche Staaten der Ansicht sind, dass das HuVR ausreiche und kein neues Instrument erforderlich sei, zielen andere Staaten auf freiwillige Maßnahmen ab, und wiederum andere sehen großes Potenzial in einem rechtlich verbindlichen Vertrag zu AWS. Trotz wertvoller Diskussionen ist die GGE LAWS in den letzten zwei Jahren daran gescheitert, einen substantiellen Abschlussbericht anzunehmen. Die Vermutung liegt nahe, dass sich manche Staaten mit dieser Situation abfinden werden, da sie ohnehin kein Interesse an der internationalen Regulierung von AWS haben. Nichtsdestotrotz steigt die Frustration vieler anderer Staaten. Vor diesem Hintergrund erscheint es immer wahrscheinlicher, dass der Regulierungsprozess zu AWS in ein anderes internationales Forum verschoben wird, um dort einen Verbotsvertrag in einem sogenannten „like-minded“-Prozess ohne Konsensregeln und ohne Rücksicht auf eine breite internationale Mehrheit auszuarbeiten. Aller Voraussicht nach wird diesbezüglich das im November 2023 stattfindende Treffen der Hohen Vertragsparteien zur Konvention über bestimmte konventionelle Waffen richtungweisend sein.

Autonomous weapons systems (AWS) have been the subject of much discussion in recent years and have repeatedly attracted a great deal of attention in the international arena. Many states see an enormous risk of weakening international law, undermining human dignity and power struggles between states. This article analyzes the existing constraints on the development and deployment of AWS in light of International Humanitarian Law (HuVR) and examines the compatibility of AWS with the core principles of HuVR. In addition, the concepts and frameworks developed so far are presented in an overview and a look at possible future developments with regard to the arms control process is taken.

It can be seen that the use of AWS, due to their unique characteristics, requires a detailed analysis from several perspectives and, above all, an appropriate interpretation of the existing law in order to prevent an arms race and minimize the risks for civilians. Considering the different capabilities, resources, and interests of states with regard to AWS, multilateralism and finding common denominators play an extremely important role.

With regard to the Group of Governmental Experts on emerging technologies in the area of lethal autonomous weapons systems (GGE LAWS), the positions of states vary, among other things, as to which international instrument is best suited to reduce potential risks associated with the development and deployment of AWS. While some states believe that the HuVR is sufficient and no new instrument is needed, others are aiming for voluntary measures, and still others see great potential in a legally binding contract on AWS. Despite valuable discussions, the GGE LAWS has failed to adopt a substantive final report in the last two years. It is reasonable to assume that some countries will come to terms with this situation, as they have no interest in the international regulation of AWS anyway. Nevertheless, the frustration of many other states is increasing. Against this background, it seems increasingly likely that the regulatory process on AWS will be moved to another international forum to draft a prohibition treaty in a so-called "like-minded" process without consensus rules and without regard for a broad international majority. In all likelihood, the meeting of the High Contracting Parties to the Convention on Certain Conventional Weapons in November 2023 will be a landmark in this regard.

Les systèmes d'armes autonomes (SAA) ont suscité de nombreux débats ces dernières années et ont fait grand bruit à plusieurs reprises sur la scène internationale. De nombreux États y voient un énorme risque d'affaiblissement du droit international, de mise à mal de la dignité humaine et de luttes de pouvoir entre États. Le présent article analyse les restrictions existantes au développement et à l'utilisation des SAA à la lumière du droit international humanitaire (DIH) et examine la compatibilité des SAA avec les principes fondamentaux du DIH. Il présente en outre une vue d'ensemble des concepts et cadres développés jusqu'à présent et jette un regard sur les développements futurs possibles du processus de contrôle d’armes.

Il est évident que l'utilisation des SAA, en raison de leurs caractéristiques uniques, nécessite une analyse détaillée sous plusieurs angles et, surtout, une interprétation appropriée du droit existant afin d'éviter une course aux armements et de minimiser les risques pour les civils. Si on prend en considération la diversité des capacités, des ressources et des intérêts des États en matière de SAA, le multilatéralisme et la recherche de dénominateurs communs jouent un rôle extrêmement important.

En ce qui concerne le « Groupe d'experts gouvernementaux sur les technologies émergentes dans le domaine des systèmes d'armes létales autonomes » (GEG SALA), les positions des États varient, notamment sur l'instrument international le plus approprié pour réduire les risques potentiels liés au développement et à l'utilisation des SAA. Alors que certains États estiment que le DIH est suffisant et qu'aucun nouvel instrument n'est nécessaire, d'autres visent des mesures volontaires et d'autres encore voient un grand potentiel dans un traité juridiquement contraignant sur les SAA. Malgré de précieuses discussions, le GEG SALA n'a pas réussi à adopter un rapport final substantiel au cours des deux dernières années. On peut supposer que certains États s'accommoderont de cette situation parce qu’ils ne sont de toute façon pas intéressés à une réglementation internationale des SAA. Néanmoins, la frustration de nombreux autres pays augmente. Dans ce contexte, il semble de plus en plus probable que le processus de réglementation des SAA sera déplacé vers un autre forum international afin d'y élaborer un traité d'interdiction dans le cadre d'un processus dit « like-minded » (du même avis), sans règles de consensus et sans tenir compte d'une large majorité internationale. Selon toute probabilité, la réunion des Hautes Parties contractantes à la Convention sur certaines armes classiques, qui aura lieu en novembre 2023, sera déterminante à cet égard.