La situation stratégique à la fin de l‘année

Lothar Rühl

 

Les conflits d’importance suprarégionale, conflits qui ont quelquefois duré des années, ont dominé la situation internationale de la sécurité aussi en 2017 et vont très probablement le faire aussi dans un avenir proche. La fin de ces conflits et une solution des problèmes politiques n’étaient pas en vue non plus en 2017. La « gestion de crises » parmi les superpuissances et les alliances, gestion mise au centre de la politique internationale dans les années 1970, avec le contrôle d’armement associé sous forme de contrat, contrôle qui comprenait - la plupart du temps - des buts de désarmement éloignés, est arrivée, dans les conditions présentes, à la limite de ses possibilités. Les exemples de la Corée du Nord, du Pakistan, en tant que pays qui prolifèrent la technologie d’armement nucléaire dans d’autres pays ainsi que le cas ambivalent de l’Iran y figurent comme « pars pro toto ». A la place du nouvel ordre mondial, aussi nommé « ordre de sécurité mondiale » ou même « ordre de paix mondiale », surtout évoqué par l’Occident, les changements des années 1988 - 1991 ont apporté une constellation « multipolaire » de pouvoirs sous forme d’une anarchie internationale composée de trois superpuissances globales (les USA, la Chine et - avec des restrictions - la Russie). L’Alliance nord-atlantique entre l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord a soutenu la communauté transatlantique en tant que fondement de la sécurité européenne. En même temps, elle a élargi l’Europe atlantique vers l’Ouest et est devenue, sous le commandement américain, un pouvoir d’intervention capable d’agir aussi dans le monde entier. Mais le cas de l’Afghanistan, après 13 années de guerre de défense commune contre une menace islamiste croissante et une présence résiduelle militaire persistante, bien que seulement marginale, des Alliés sur le théâtre de guerre afghan, présence maintenue pour la défense et la consolidation interne du nouvel état afghan, indique les limites des stratégies d’intervention occidentales. Les avantages géostratégiques du continent nord-américain restent une déterminante de la distribution globale de pouvoir. Les USA sont le numéro un des pouvoirs militaires du monde, un pouvoir avec une portée, mobilité et puissance militaires loin d’être atteintes par un autre pays. En plus, les USA disposent, en tant que pouvoir continental, d’une distance de sécurité intercontinentale entre deux mers du globe, distance qui anéantit toutes les menaces d’une attaque conventionnelle. Des menaces nucléaires peuvent dissuader la puissance nucléaire américaine, comme c’était le cas jusqu’à maintenant. D’autant plus évidente est devenue la vulnérabilité de la sécurité de l’Amérique du Nord face aux attaques non conventionnelles, comme c’est aussi le cas pour les pays ouverts qui participent au trafic international. Dans ce contexte, on peut nommer de nouveaux exemples pour l’année 2016, exemples liés au « cyberespace » de renseignement et d’attaque électronique digitalisés, y compris l’option d’une guerre « hybride ». Pour la sécurité internationale, la sécurité de l’Europe et la pacification du Proche/Moyen Orient ainsi que pour le soutien d’une restructuration politique de l’Afrique, la politique des USA est le facteur décisif. Cependant, on ne peut pas reconnaitre une conception stratégique, ni pour l’Afrique, ni pour l’Orient. Même si l’enfant agité nommé Donald Trump devait disparaître après quatre ans, il laisserait beaucoup de terres endommagées. Sans la Grande-Bretagne, l’Europe ne serait pas capable et n’aurait pas la force de remplacer une politique constructive américaine. Elle pourrait seulement consolider sa propre politique, mais elle ne serait même pas capable de sécuriser elle-même les flancs de sa périphérie stratégique.