Efforts de réformes pour la réorganisation du Conseil de sécurité de l‘ONU

Intérêts - modèles - perspectives

Heinz Brill

 

Dix-huit ans après les fêtes millénaires, le monde est définitivement arrivé au 21ème siècle. Comme tout « changement de paradigmes » dans la politique mondiale, les changements géopolitiques actuels de pouvoir défient l’élite stratégique internationale à des pronostics. Dans leurs conceptions, les experts assignent au 21e siècle des adjectifs comme américain, pacifique, asiatique, unipolaire (américain), bipolaire (démocraties/autocraties), multipolaire, européen ou « Chimérique » (Chine/USA). Ainsi, la politique mondiale se trouve, en ce qui concerne la discussion sur ses idées de l’ordre global, au début d’une nouvelle époque. Suite à une nouvelle situation globale, les politologues, historiens, géographes, économistes, spécialistes du droit international, théoriciens des médias etc. essaient de développer un nouvel inventaire ou une nouvelle esquisse des forces politiques et des relations dans la perspective de la politique mondiale. Des institutions internationales comme l’ONU, l’UE, l’OTAN, la Banque mondiale, l’OMC, FMI et ses états-membres se voient confrontés à de nombreuses propositions de réformes concernant une meilleure prise en considération des nouvelles réalités géopolitiques. Ainsi, le projet chinois nommé « projet de Route de soie » pourrait remplacer l’OMC. Dans un Conseil de sécurité restructuré, on veut supprimer la représentation complètement déséquilibrée des continents. Dans ce contexte, la question se pose de savoir qui devrait représenter les régions du monde en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Presque tous les états conviennent qu’il faut élargir le Conseil de sécurité, surtout parce que, en ce qui concerne son volume, sa composition et la distribution de privilèges, le Conseil reflète toujours la situation historique exceptionnelle de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le principe que les pays en voie de développement ainsi que les membres de l’ONU qui font les plus grandes contributions au budget de l’ONU devraient avoir plus de poids est un principe qui est toujours largement partagé. Néanmoins, il est extrêmement difficile, de trouver un accord sur des candidats concrets. Les efforts actuels de réformes concernant un élargissement du Conseil de sécurité, de peu importe combien de membres et de quelle sorte d’accords complémentaires, pourraient seulement être réalisés par une réforme générale de l’organisation et des missions de l’ONU. Si les intérêts des pouvoirs étaient jamais aptes à un consensus, cela engendrerait un changement de la composition du Conseil de sécurité situé sur la base de négociation suivante : D’abord on déterminerait dans une « résolution-cadre » le futur volume du Conseil de sécurité, c’est-à-dire le nombre des futurs sièges permanents et non permanents ainsi que la question du droit de veto. Puis, la candidature et l’élection des nouveaux membres permanents aurait lieu. Finalement, par une majorité de deux tiers des 194 pays membres, on devrait adopter le changement correspondant de la Charte de l’ONU, ce qui devrait aussi être ratifié par les parlements des pays membres. L’ordre mondial de type « G2 » va probablement se répéter. Néanmoins, cette fois les coordonnées globales de pouvoir seront réorientées, en contournant le Kremlin. Ce seront les USA et la Chine qui fixeront la direction à suivre. En ce qui concerne ce sujet, Henry Kissinger a dit une fois: « L’émergence de la Chine est irrévocable, elle doit être guidée et accompagnée par la coopération et le dialogue. »