Possibilités de conception de la présidence autrichienne du Conseil de l’UE dans le cadre de la « politique de sécurité et de défense commune »

Alexandra Dancasiu

 

A l’occasion de la présidence autrichienne du Conseil de l’UE pour le deuxième semestre 2018, cet article a pour but de fournir un aperçu des bases juridiques de la politique de sécurité et de défense commune (PESD) et, en même temps, d’expliquer les tâches du ministère autrichien de la Défense dans le cadre de cette présidence. Ce but devrait être atteint par une comparaison de l’intégration juridique de la PESD avec les tâches à remplir pendant la présidence. Dans la première partie de cet article, l’auteur expliquera le cadre légal de la PESD, le Conseil européen et, ensuite, la présidence du Conseil européen. Dans la deuxième partie, l’auteur traitera la question du « quo vadis » pour la présidence autrichienne. Actuellement, la mise en œuvre de nombreuses initiatives de défense liées à la PESD figure sur l’agenda de l’UE. Les tâches à remplir dans le cadre de la présidence du Conseil peuvent être divisées en deux lignes : la présidence « de travail » et les priorités nationales. Dans le cadre de la présidence de travail, on attend la poursuite de la mise en œuvre de la PESD et des diverses initiatives de défense, mise en œuvre qui doit être accomplie par le pays présidentiel dans le rôle d’un « honest broker » (intermédiaire honnête). Le programme prioritaire du pays présidentiel doit être vu en perspective, programme qui offre aux pays membres pendant la présidence la possibilité de présenter et – dans le meilleur cas – aussi de faire avancer leurs propres priorités dans l’agora européenne. Dans ce contexte, le ministère autrichien de la Défense a choisi deux sujets principaux pour la PESD : les synergies et le soutien militaire pour des institutions civiles et le renforcement de la résilience dans les Balkans occidentaux/l’Europe du Sud-Est. Compte tenu des nombreuses initiatives de défense récentes, initiatives qui mettent l’UE et la PESD actuellement sur le podium international, il ne faut pas non plus sous-estimer ce rôle d’un médiateur neutre. On veut aussi promouvoir le dialogue permanent et une bonne communication entre les pays membres ainsi que vers l’extérieur lors de réunions informelles. De toute façon, l’Autriche participe à toutes les initiatives de défense, et elle les soutiendra en tant qu’intermédiaire honnête. Dans le cadre du programme prioritaire du ministère de la Défense autrichien, l’intégration de tous les pays membres et la présentation des sujets constituent une chance de mettre sur la table de l’UE ses propres priorités et de donner des impulsions pour de nouvelles discussions. Les deux sujets sont passionnants et offrent une bonne occasion au ministère autrichien de la Défense de mettre de propres accents et de présenter des sujets difficiles comme la coopération civilo-militaire sur le plan européen. Il reste à voir si le ministère autrichien de la Défense pourra donner une impulsion concernant le contenu de la PESD et dans quelle direction ces sujets se développeront dans la chorale des états membres. La phase de soutien actuelle est décisive pour la PESD, et beaucoup d’initiatives de défense sont négociées et mises en œuvre dans le cadre de la présidence autrichienne du Conseil européen. Il va s’avérer, au cours de cette présidence de travail, quelles sont les tâches concrètes qui peuvent surgir ad hoc pour l’Autriche et comment l’Autriche peut exercer une fonction de soutien en cas de défis possibles.